De nombreuses entreprises d’e-commerce s'accrochent à la gratuité des frais de port, mais celle-ci semble de plus en plus difficile à maintenir dans les circonstances actuelles. Les consommateurs trouvent également que la livraison gratuite va moins de soi qu'auparavant. 

Le coût de l'expédition des colis est en hausse. Logique, en ces temps où tout devient plus cher, mais c'est aussi ce qu'attendent les consommateurs, selon une enquête internationale réalisée par Sendcloud en collaboration avec Nielsen, auprès de 9000 consommateurs, dont 500 Belges. Elle montre que pas moins de 51 % des consommateurs belges s'attendent à ce que les frais de port augmentent en raison de l'inflation. Bien que la gratuité des frais de port reste populaire, les consommateurs belges y sont de moins en moins sensibles : alors que l'année dernière, 71 % étaient prêts à ajouter un produit pour atteindre le seuil de gratuité des frais de port, ils ne sont plus que 61 % dans cette enquête. Dans l'ensemble, le pourcentage reste élevé, mais les attitudes semblent changer.

Ce n'est pas un hasard si Bpost et PostNL ont augmenté leurs tarifs pour l'envoi de colis au début de la nouvelle année. Le résultat de l'indexation des salaires, de l'inflation et de la hausse des prix de l'énergie. Pour les petites boutiques en ligne, ceci exerce un impact important : leurs marges sont plus faibles et elles ont également moins de pouvoir de négociation face aux opérateurs postaux. Les géants de l'internet, eux, s'éloignent de plus en plus de la livraison gratuite. Zalando facture des frais de port pour les commandes de moins de 20 euros, H&M expérimente l'introduction de la livraison payante. Une nécessité : les chaînes de vêtements Zalando et Asos ont envoyé un avertissement sur leurs bénéfices l'été dernier. Bol.com, qui offre toujours la livraison gratuite, a annoncé en décembre qu'il supprimait 300 emplois et économisait 225 millions d'euros. La hausse des coûts de l'énergie et des transports pèse sur les bénéfices et la croissance des ventes s'affaiblit. 

De nombreux commerces permettent désormais aux consommateurs de choisir de récupérer des produits gratuitement. Pour les chaînes disposant d'un vaste réseau de magasins, il s'agit souvent d'une solution facile et surtout économique. D'autres retailers augmentent les prix d'expédition et de retour pendant les périodes de forte activité, comme les fêtes. D'autres encore répercutent sur leurs clients les suppléments facturés par les entreprises de livraison de colis. Le fait que la livraison gratuite soit de moins en moins évidente n'est pas une mauvaise chose pour les petites boutiques en ligne. De grands acteurs comme Amazon et Zalando l'ont utilisée pendant longtemps pour étendre agressivement leur part de marché. Pour eux aussi, la gratuité (partielle) des frais de port entraîne des pertes, sans que l'impact soit aussi important que pour les petits acteurs.