Le paiement évolue plus rapidement que jamais en Belgique. Les portefeuilles numériques, les paiements instantanés et les exigences de sécurité plus strictes donnent le ton depuis 2025, mais 2026 apporte une nouvelle vague d’innovations. Des transactions plus rapides et plus sécurisées, mais aussi plus personnelles et presque invisibles. Pour les détaillants, les patrons de l’horeca et les prestataires de services belges, cela représente à la fois des opportunités et des défis. Comment répondre à ces changements sans perdre des clients ?

John Kolthof, chief commercial officerchez CCV, constate une nette évolution dans le monde des paiements : “En 2026, l’expérience de paiement sera invisible et personnelle. La commodité, la sécurité et la rapidité ne sont plus des extras, mais les nouveaux fondamentaux. Les entreprises qui combinent ces trois piliers gagnent la confiance de leurs clients, ce qui renforce le chiffre d’affaires et la fidélisation.”

Le marché belge des paiements en transition

John Kolthof ©CCV

Cette vision s’inscrit dans une série de développements concrets dans le paysage des paiements. Le marché belge des paiements est en pleine mutation. L’application de paiement mobile Payconiq disparaît pour laisser place à Bancontact QR, ce qui contraint les consommateurs et les commerçants à s’adapter à une nouvelle norme pour les paiements mobiles. Parallèlement, un acteur européen émerge :WERO. À partir de 2026, cette solution permettra non seulement de garantir des paiements rapides, mais aussi de simplifier le traitement des factures.

Développée par des banques européennes, WERO vise à fournir une alternative uniforme, sûre et conviviale pour les transactions physiques et en ligne. Ce faisant, elle se positionne comme un concurrent aux géants internationaux tels qu’Apple Pay et Google Pay, ainsi que comme une réponse à la fragmentation des méthodes de paiement en Europe.

Rôle de Bancontact et contexte belge

Bancontact reste un pilier des paiements belges, avec davantage de transactions en temps réel et une forte intégration numérique. Parallèlement, la Banque nationale de Belgique s’engage pleinement dans l’innovation, en soutenant des initiatives telles que WERO et les paiements A2A. Grâce à cette approche, la Belgique ne se contente pas de participer à la révolution européenne des paiements ; elle endosse un rôle pionnier dans certains domaines. “Le Belge est à la fois critique et loyal”, affirme Kolthof. “Si une solution fonctionne, il continue à l’utiliser. Notre travail, c’est assurer qu’elle fonctionne sans interruption : rapidement, en toute sécurité et facilement.”

CCV, un guide dans la transition

Pour le fournisseur de solutions de paiement CCV, cette évolution est cruciale. L’entreprise aide les détaillants et les prestataires de services à adopter la nouvelle norme sans accroc en préparant les terminaux et les logiciels aux paiements QR. “L’expérience QR sera plus simple et plus cohérente”, affirme Kolthof. “Nous veillons à ce que les clients passent d’un système à l’autre en douceur et en retirent immédiatement les avantages : moins de frictions, plus de facilité de paiement.” 

CCV rend les paiements simples et évolutifs. Là où d’autres acteurs privilégient un seul volet, CCV combine la facilité d’utilisation avec une sécurité efficace et un système flexible. Cela permet aux entreprises belges d’adopter de nouvelles formes de paiement sans bouleverser leur infrastructure. Kolthof le résume ainsi : “Nous faisons en sorte que l’innovation ne soit pas un risque, mais une opportunité.”

Selon Kolthof, il n’est plus question d’un “moment de paiement”, mais d’une expérience fluide et intégrée. “Concevez l’expérience d’abord et le paiement ensuite”, résume-t-il. “Les entreprises qui permettent des paiements invisibles gagnent du temps, la confiance des clients et donc des achats répétés.”

Le self-service devient la norme

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“Nous ne sommes qu’à l’aube de cette révolution”, estime Kolthof. “Le self-service deviendra la norme en 2026. Les clients veulent de plus en plus régler eux-mêmes leurs achats, qu’il s’agisse d’un café ou d’une bière, d’un ticket de stationnement ou d’un distributeur automatique ou encore de coursiers qui traitent directement les paiements.”

 “Le self-service n’est plus un artifice, c’est une attente”, déclare Kolthof. “Des clients qui peuvent choisir où et quand ils paient sont des clients plus satisfaits. Les entreprises qui ne prennent pas le train en marche cèderont du terrain aux concurrents qui offrent cette possibilité.”

Portefeuilles numériques

D’ici à 2026, plus de 60 % des gens utiliseront un portefeuille numérique, et cette tendance s’observe également en Belgique, avec Bancontact comme acteur central. Les clients s’attendent à pouvoir payer avec leur smartphone n’importe où, que ce soit en magasin ou en ligne. “Les détaillants doivent offrir cette possibilité”, déclare Kolthof. “Pas parce que c’est dans l’air du temps, mais parce que c’est indispensable pour la rétention client. L’intégration des portefeuilles est une attente fondamentale. Le terminal doit toutefois prendre en charge tous les services, comme les chèques-repas, ainsi que les innovations futures. Au bout du compte, un terminal doit être à l’épreuve du présent, mais également du temps.”

Paiements pilotés par l’IA

Les assistants virtuels se chargent non seulement des achats, mais aussi des paiements. Avec Agentic Payments, l’IA analyse le comportement d’achat, le lieu et les préférences afin de fournir des conseils de paiement personnalisés, d’offrir des réductions de prix dynamiques ou de gérer automatiquement des transactions. Résultat ?Moins de paniers abandonnés, des clients plus satisfaits, des taux de conversion plus élevés et une plus fidélisation accrue. “L’IA permet de relier des étapes distinctes en une expérience fluide”, explique Kolthof. “Les paiements suivent le client, et non l’inverse.”

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La sécurité comme priorité

Toutes ces innovations, du self-service aux paiements pilotés par l’IA, ne fonctionnent que si la sécurité reste garantie. “Les paiements électroniques ne devraient jamais supposer un risque”, indique Kolthof. “C’est pourquoi nous travaillons sous la supervision de la Banque nationale et testons continuellement nos systèmes. Les terminaux qui ne sont plus conformes aux normes les plus récentes, tels que les anciens modèles Yomani et Verifone, doivent être remplacés au bout de neuf ans. Cela nécessite un investissement, mais garantir la sécurité des paiements est essentiel.”

“L’objectif est d’intégrer subtilement le paiement dans le flux, mais jamais au détriment de la sécurité”, souligne John Kolthof. “Le défi pour 2026 et au-delà ? Combiner innovation et confiance. En effet, plus les paiements deviennent invisibles, plus la responsabilité des prestataires est visible. Dans un monde où la commodité est reine, la sécurité reste la condition discrète mais indispensable du succès.”