Face au dérèglement climatique, la consommation alimentaire est devenue un levier stratégique. Notre manière de manger, et en particulier notre façon de consommer de la viande, pèse lourd dans les émissions de gaz à effet de serre. Et malgré la montée du flexitarisme, les régimes véritablement durables restent très minoritaires. Pourtant, des solutions existent pour transformer en terrain d’action immédiat nos environnements, des supermarchés jusqu’aux restaurants.

Manger durable. Voilà “l’une des mesures les plus impactantes que les individus des nations riches peuvent prendre pour minimiser leur contribution au changement environnemental”, rappelle opportunément Anna Tirion en préambule de son étude menée au centre pour le changement comportemental de l’University College London (UCL). L’étude, publiée en 2025 dans la revue scientifique internationale Appetite, a été initiée et commanditée par le cabinet de conseil bruxellois Behaven et comprend une revue systématique de 19 articles scientifiques. Elle aborde l’urgence climatique avec le pragmatisme que requiert l’évolution de nos habitudes alimentaires vers plus de durabilité. Autrement dit, une alimentation principalement végétale, avec peu, voire pas, de protéines animales.

La littérature scientifique va grandissant sur l’adoption de ces régimes durables mais elle montre aussi que ces façons de manger demeurent relativement peu populaires. Certes, le style flexible d’alimentation (flexitarisme), qui privilégie l’ajout d’aliments végétaux ou à base de plantes et encourage une consommation de viande moins fréquente ou plus petites portions, fait des émules. Mais il s’avère insuffisant.

Pour cause, les comportements comme la consommation alimentaire s’établissent selon les multiples influences d’un réseau très complexe de facteurs, tant internes qu’externes. Motivation, normes culturelles et celles des pairs, disponibilité des alternatives, effort requis, asymétries d’information...