#1 À la minute où vous lisez ces mots, Shein propose jusqu’à 600.000 articles en vente, avec un prix moyen de 10 dollars. Et chaque jour, ce sont jusqu’à 10.000 nouveaux produits qui viennent s’ajouter à son catalogue en ligne. Et si on précise ‘en ligne’, c’est parce que depuis le 5 novembre 2025, Shein vend aussi ses produits en magasin. Le géant chinois de l’e-commerce, comme on aime l’appeler, s’est offert une place au sixième étage du BHV Marais de Paris, capitale mondiale de la mode. Entre amendes, accusations de conditions de travail abusives, plagiat, produits non conformes, surconsommation, dark patterns et désastre environnemental, Gondola décortique le cas Shein pour vous en 7 grands axes.

1. Quel poids pour le commerce local ? 

Tout d’abord, ce qui nous impacte le plus en Belgique aujourd’hui quand on parle de Shein, c’est la concurrence déloyale qu’exerce cet acteur sur les producteurs et retailers locaux. En vendant massivement à prix cassés, souvent sans intégrer les coûts sociaux et environnementaux, Shein met les acteurs locaux, soumis aux réglementations européennes, en difficulté. L’impact sur le commerce local est énorme, comme en témoignent les responsables de la fédération belge du commerce et des services Comeos et la fédération belge de l’e-commerce Becom. “Les prix en magasin belge sont incomparables aux prix chinois”, déclare Greet Dekocker, directrice générale de Becom. Les plus impactés sont les magasins DIY et bricolage, l’habillement et l’électro. Sur le terrain, les plaintes des commerçants sont quotidiennes, nous dit Lora Nivesse, directrice des affaires publiques chez Comeos. “Des membres de secteurs très différents – habillement, chaussures, électro, DIY – nous contactent car ils sont paniqués. C’est un mastodonte auquel on doit faire face. Les commerçants physiques ou les e-commerçants européens ont des obligations légales et des coûts auxquels ces plateformes échappent. Et cela se traduit déjà dans le chiffre d’affaires : sur la dernière année, on observe des baisses de -10 %, -8 %, -14 % dans les secteurs tels que l’habillement et le bricolage.” Selon l’experte, ces chiffres sont en partie reliés à l’essor des plateformes d’e-commerce chinoises.