#2 L’année 2023 a été mouvementée pour les exploitants de supermarchés indépendants en raison de la hausse des coûts de l'énergie, de la baisse des volumes et de la prudence du consommateur face au prix du ticket de caisse. Mais comment les indépendants ont-ils vécu l'année écoulée et qu'attendent-ils de 2024 ? Découvrez-le dans notre série quotidienne. Voici l'interview de Jan Peeters qui détient 15 magasins Albert Heijn.

L’entrepreneur Jan Peeters a 15 magasins Albert Heijn sous son aile. En 2023, pour la première fois depuis des années, il n’a pas ouvert de nouveau magasin. Ce n’est pas un hasard. "Obtenir un permis est devenu un gros problème."

"J’ouvre parfois des yeux ronds quand je vois comme les administrations locales refusent des permis ou y font barrage", nous dit Jan Peeters. "Nous avons fini par obtenir le permis pour trois magasins dont nous pouvons entamer la construction, et il y en a d’autres dans les tuyaux, mais on sent que c’est devenu nettement plus compliqué. Les commerçants locaux qui soutiennent chaque année l’équipe de volleyball d’une commune obtiennent presque automatiquement le soutien du bourgmestre. Il arrive que des bourgmestres contestent un de nos permis alors que la destination, la mobilité et tout ce qui y a trait sont en ordre. Ils enlèvent ainsi une part de pouvoir d’achat à leurs administrés, puisque nos prix sont souvent nettement inférieurs à ce qu’on trouve dans un magasin de village. Quand je le leur fais remarquer, il n’y a la plupart du temps aucune réaction. Bien assez de gens pourtant nous supplient d’ouvrir un Albert Heijn dans leur commune". 

"On ne sait pas encore bien quand le premier des trois nouveaux magasins autorisés ouvrira ses portes", déclare Peeters. Peut-être en 2024, mais à condition que tout aille bien. "Ce sera limite : fin 2024, début 2025. Nous avons l’intention d’ouvrir encore plus de magasins, nous ne sommes pas encore rassasiés. Mais les choses avancent plus lentement que nous ne le voudrions en raison des circonstances." S’il n’y a pas une offre excédentaire en supermarchés dans notre pays, comme beaucoup le prétendent ? "Si vous parlez de supermarchés avec le bon rapport entre les prix, le rayonnement et l’assortiment, alors je pense au contraire qu’il y en a trop peu. Si vous regardez le nombre de mètres carrés bénéficiant d’un permis, alors il y en a effectivement trop. Beaucoup de magasins ont une grande superficie et peu de clients. On nous appelle parfois le catalyseur de la concurrence en Flandre, alors que nous sommes juste très efficaces. En ce sens, je trouve ça injuste qu’on nous traite de ‘catalyseur’. Nous surveillons nos coûts de très près et ce sont nos clients qui en profitent."

2023 est derrière nous, comment envisage-t-il l’année à venir ? Et que retient-il des 12 derniers mois ? "Nous avons de nouveau joué un tout autre rôle cette année. Nous avons connu l’inflation et avons dû répercuter les hausses de prix, alors que pendant le coronavirus, nous étions les héros qui restaient ouverts et continuaient à servir les consommateurs. C’est quand même différent. Nous avons eu au cours de l’année écoulée des gens furieux parce que le prix des pâtes et des œufs avait augmenté, mais ils ont fini par comprendre que c’était la même chose partout. Même dans ces circonstances, Albert Heijn a continué à progresser et à attirer les clients. Nous avons aussi Délidis, un grossiste horeca, qui a connu une bonne année. L’horeca a vraiment bien tourné l’année dernière. Je m’attends à ce que 2024 passe en vitesse de croisière. Il y aura peu de hauts et de bas. Le pire de l’inflation est passé, les salaires suivent bien. L’indexation des salaires fonctionne, elle a permis aux gens de perdre moins de pouvoir d’achat. Je pense qu’il n’y aura globalement pas beaucoup de hausses de prix : certains produits vont augmenter, mais d’autres vont aussi diminuer. Le panier restera plus ou moins le même. Indépendamment de cela, j’aime mon travail. J’aime beaucoup la diversité de nos activités : nous sommes à la fois sociologues, psychologues, architectes, entrepreneurs et lobbyistes. Il faut s’y connaître un peu dans tous ces domaines et toujours garder l’œil ouvert. Moi, je travaille bien sûr surtout au niveau stratégique, mais je trouve cette diversité très sympa."

Spar Lambrechts

Curieux de lire l'article précédent de cette série ? Lisez vite l'interview de Stef Nuyts de Spar Lambrechts.

Cliquez ici !
Spar Lambrechts

Offre temporaire !

Cet article a été publié précédemment dans l'édition Vision 2024 du magazine Gondola.

NE RATEZ PAS VOTRE CADEAU DE BIENVENUE !

Pour tout nouvel abonnement Gondola, recevez gratuitement la version imprimée de Vision 2024 !

Découvrez ici nos formules d'abonnement >>
Offre temporaire !