Trente ans dans la grande distribution, dont plus de vingt en tant qu’indépendant. À Spy, en province de Namur, Laurent Zintz incarne une ascension construite sur le terrain : celle d’un professionnel entré presque par hasard dans le secteur, devenu chef d’entreprise au sein du modèle participatif d’Intermarché.
Laurent Zintz nous accueille dans son Intermarché de Spy, entièrement rénové et agrandi en novembre 2024, un magasin qui témoigne de l’ampleur du projet mené par son exploitant ces dernières années.
Un parcours forgé sur le terrain
Son histoire avec la grande distribution débute il y a plus de trente ans, après un bref passage dans le monde bancaire. « Je cherchais du travail, pas du tout dans ce secteur. Il fallait que ça aille vite », se souvient-il.
Il entre alors comme adjoint au gérant dans une structure exploitant l’enseigne Champion en Belgique. Une première immersion qui va s’avérer déterminante. « Au départ, je pensais que travailler en magasin se résumait à remplir des rayons. C’était très réducteur. J’ai eu la chance d’être formé par quelqu’un qui m’a appris à aimer le métier. »
Il raconte alors les mois de formation et d’apprentissage sur le terrain : passage par différents magasins, découverte progressive des rayons, des produits frais, de la gestion opérationnelle. Laurent Zintz devient ensuite gérant employé, avant de compléter son expérience par un passage de cinq ans au siège, aux achats. « C’est là que j’ai découvert l’envers du décor : les marges, les négociations fournisseurs, la logistique, le fonctionnement global d’une entreprise. » Une étape clé pour celui qui nourrit déjà l’ambition de devenir indépendant.
De Champion à Carrefour, puis Intermarché
En 2005, Laurent Zintz franchit le pas et devient franchisé Champion. Il reprend notamment un magasin à Gosselies, qui passera ensuite sous enseigne Carrefour Market à la suite des rapprochements entre groupes. En 2013, il reprend un point de vente à Spy, alors exploité sous affiliation Carrefour by Mestdagh.
Pendant près de dix ans, il évolue dans ce cadre. Jusqu’au tournant majeur : le rachat du groupe Mestdagh par le Groupement Mousquetaires. « Au départ, il y avait beaucoup d’inquiétudes », reconnaît-il. La commune de Spy comptait déjà un Intermarché historique, situé à quelques centaines de mètres de son magasin. Deux points de vente sous la même enseigne n’avaient pas vocation à coexister durablement.
À la suite d’une concertation entre Laurent Zintz et les autres adhérents limitrophes, Valérie Vierendeels et François Hammond, la décision est prise : fermer l’Intermarché historique, faire de Laurent Zintz l’unique adhérent Intermarché de Spy, et agrandir son point de vente, désormais aligné sur le concept de l’enseigne.
Pendant plusieurs mois, il gère deux magasins en parallèle, tout en menant un chantier d’agrandissement conséquent. « Nous sommes passés d’environ 1 000 m² à 1 900 m². L’ensemble de l’équipe nous a suivis. C’était évidemment un moment de stress, mais le projet était clair et partagé. »
Le passage au statut d’adhérent : « Ça change tout »
Au-delà de la transformation du point de vente, c’est surtout le changement de statut qui marque un tournant. « Avant, j’étais franchisé. Je voyais mes collègues deux fois par an. Les échanges étaient limités. Aujourd’hui, en tant qu’adhérent Intermarché, c’est complètement différent. »
En effet, chez Intermarché, les chefs d’entreprise ne se contentent pas d’exploiter leur magasin : ils participent aussi à la gouvernance du groupement. « Les adhérents sont à la fois patrons de leurs magasins et cogestionnaires de la structure centrale, les décisions étant prises par des indépendants ancrés dans la réalité du terrain. »
Pour lui, c’est là toute la différence. « Le chiffre d’affaires se fait en magasin. Ici, les problèmes remontent du terrain, et les décisions sont prises en conséquence. » Il précise que ce mode de fonctionnement suppose un engagement total. « Il faut aimer ce métier. Il n’y a pas de routine. On touche au commercial, au financier, au social. On se remet sans cesse en question. » Et d’ajouter, avec un enthousiasme non dissimulé : « Mon magasin, c’est un peu mon bébé. Je m’y investis parce que j’aime ça. »
Laurent Zintz consacre une partie de son temps à un rôle transversal : il assure un tiers-temps dédié à la logistique, où il s’implique dans les questions de transport et de coûts. « On se réunit deux jours par semaine avec les collaborateurs amont et les autres adhérents. On échange sur les problèmes rencontrés, on trouve des solutions concrètes, on avance ensemble. »
Fort de son expérience, Laurent Zintz ne cache pas son adhésion au modèle participatif d’Intermarché. Il encourage les professionnels qui envisagent de se lancer à franchir le pas. « Depuis que j’ai goûté à ce fonctionnement, je ne voudrais plus en changer. Pour moi, Intermarché est la seule enseigne en Belgique qui implique réellement ses indépendants dans la gestion de l’entreprise commune. »
Des produits frais, la clé du succès
Le chef d’entreprise se dit particulièrement fier de la transformation de son point de vente, aujourd’hui recentré sur les produits frais et la production sur place, ainsi que de l’engagement de ses équipes. « Près de 60 % des ventes proviennent du frais, contre environ 40 % auparavant. » Plats préparés, recettes maison, solutions prêtes à consommer ou concepts comme l’apéro-bar répondent à une évolution claire des habitudes de consommation, que Laurent Zintz dit avoir observée dès l’ouverture du nouveau magasin. « Les retours des clients sur la fraîcheur des produits, la tenue du magasin et surtout la sympathie du personnel sont une vraie satisfaction. »
S’impliquer sur le terrain
Pour Laurent Zintz, la réussite repose sur un état d’esprit. Selon lui, c’est à chacun qu’incombe la responsabilité de rendre son métier stimulant. « Le travail, on peut le rendre passionnant ou désagréable. Tout dépend de l’envie que l’on a de faire avancer les choses. Dès lors qu’on veut progresser, il y a toujours moyen de trouver un intérêt et de se challenger. » Une philosophie qu’il affirme avoir conservée intacte trente ans plus tard et qu’il s’attache aujourd’hui à transmettre à ses collaborateurs.
Cette organisation repose aussi sur une vigilance de tous les instants. Laurent Zintz ne s’en cache pas : son besoin de s’impliquer sur le terrain fait partie intégrante de sa manière de travailler.
Un afterwork pour de futurs indépendants
Intermarché Belgique organise un afterwork de recrutement de chefs d’entreprise indépendants le 3 mars à Louvain-la-Neuve, destiné aux professionnels du secteur souhaitant ouvrir ou reprendre un magasin en tant qu’adhérent indépendant.
Une occasion d’échanger avec des chefs d’entreprise du réseau et de découvrir concrètement le modèle de « franchise participative » d’Intermarché.
Informations et inscriptions préalables via le lien : https://form.jotform.com/260284587952368