#3 À la minute où vous lisez ces mots, Shein propose jusqu’à 600.000 articles en vente, avec un prix moyen de 10 dollars. Et chaque jour, ce sont jusqu’à 10.000 nouveaux produits qui viennent s’ajouter à son catalogue en ligne. Et si on précise ‘en ligne’, c’est parce que depuis le 5 novembre 2025, Shein vend aussi ses produits en magasin. Le géant chinois de l’e-commerce, comme on aime l’appeler, s’est offert une place au sixième étage du BHV Marais de Paris, capitale mondiale de la mode. Entre amendes, accusations de conditions de travail abusives, plagiat, produits non conformes, surconsommation, dark patterns et désastre environnemental, Gondola décortique le cas Shein pour vous en 7 grands axes.

3. Zoom sur la Belgique : Shein sous contrôle 

Selon la Commission européenne, 4,6 milliards d’articles de faible valeur (moins de 150 euros) ont été importés dans l’UE en 2024, soit 12 millions de colis par jour. En 2023 et 2022, ce nombre s’élevait à 2,3 et 1,4 milliards seulement. Ajoutons à cela que 91 % des envois e-commerce d’une valeur inférieure à 150 euros provenaient de Chine en 2024.  En 2025, la douane belge a enregistré l’importation de 1,4 milliard de colis via l’aéroport de Liège–Bierset, par lequel transitent 73 % du fret e-commerce européen. Situé au cœur du ‘triangle d’or’ Amsterdam–Paris–Francfort, ce hub stratégique permet d’atteindre près de 400 millions de consommateurs, mais l’afflux massif de marchandises exerce une pression logistique énorme. Or, “la douane ne peut actuellement contrôler que 0,006 % des colis entrants”, précise Greet Dekocker, directrice générale de la fédération belge de l'e-commerce Becom. “On manque de moyens aux frontières, tant humains que numériques.”