La success story de l’Intermarché de Crisnée ne tient ni au hasard ni à la chance. Elle repose sur une vision entrepreneuriale, une lecture fine de la zone de chalandise et un ancrage local solide. Un cocktail qui a conduit à un chiffre d'affaires bien au-delà des projections initiales de son exploitant indépendant.

À Crisnée, en province de Liège, le parking affiche complet les week-ends et les jours fériés. À l’intérieur, les cinq caisses tournent à plein régime. Lorsque l’exploitant reprend le magasin en 2021, la situation du point de vente est compliquée en termes de chiffre d’affaires. Trois ans après sa transformation, le point de vente dirigé par Michaël Duysinx a changé d’échelle. Désormais, une seule journée suffit à enregistrer une recette qui équivalait à une semaine de chiffre d’affaires en 2021. Une progression qui illustre l’impact du concept Intermarché et la méthode d’un chef d’entreprise guidé par une culture du détail qui structure le quotidien de son magasin.

Intermarché Crisnée
©Intermarché

La voie de l’indépendance

Le parcours de Michaël Duysinx ne suit pas la trajectoire classique du distributeur. Formé à l’hôtellerie, puis à la gestion, il débute au sein du groupe Autogrill avant de rejoindre Ikea où il entre comme food manager. Trois ans plus tard, il devient responsable commercial du magasin et occupe cette fonction pendant six ans.

Poussé par l’envie d’indépendance, il ouvre et exploite durant huit ans un magasin de cuisines à Namur sous enseigne danoise. Une expérience décisive : « Là, j’ai pris part aux décisions de gestion et de bonne gouvernance. » Le commerce, la gestion opérationnelle et la responsabilité entrepreneuriale constituent désormais un socle solide.

Le retour vers l’alimentaire s’impose au moment où Intermarché déploie un nouveau concept en Belgique. La dynamique de l’enseigne, mais aussi son modèle participatif, retiennent son attention. « En tant qu’indépendant, nous sommes co-acteurs des décisions prises par la centrale. » C’est justement cet aspect du tiers-temps qui fera la différence et l’amènera à reprendre le magasin de sa région.

Le frais comme moteur

À Crisnée, le magasin s’inscrit pleinement dans la stratégie Intermarché : mettre les rayons frais au cœur du modèle. Poissonnerie, traiteur, préparations sur place… Le point de vente mise sur une production interne qui demande organisation et animation. « C’est un challenge, reconnaît-il, mais c’est là que nous faisons la différence. » Les concepts développés par la centrale, comme les produits préparés sur place ou les solutions en libre-service, sont mis à disposition des adhérents. Chacun les déploie selon sa zone de chalandise et ses affinités.

Intermarché Crisnée
©Gondola

Dans ce contexte rural, la connaissance de la clientèle constitue un atout décisif. Habitant à huit minutes du magasin, Michaël Duysinx maîtrise parfaitement sa zone de chalandise. La boucherie compte parmi les rayons les plus performants, tout comme les fruits et légumes. Le traiteur, lui, enregistre une croissance régulière. Ici, l’adaptation locale ne relève pas du discours marketing : elle s’appuie sur l’observation quotidienne des flux, des habitudes d’achat et des attentes concrètes des clients.

Le pari du volume

Dans un contexte d’inflation et de forte sensibilité au prix, l’exploitant assume une ligne claire. « Le premier levier, c’est le développement du chiffre d’affaires, avant la maîtrise des coûts. » Son raisonnement est clair : générer du trafic pour faire tourner le magasin et absorber les coûts.

Le positionnement prix reste central, mais doit s’articuler avec la qualité et la pertinence de l’offre. « Il faut coller à la demande. Une fois que l’on a compris ce que le client cherche et que l’on propose le bon produit, c’est là que commence le développement. » 

Le succès a toutefois un revers : la saturation. Avec cinq caisses, le magasin atteint ses limites aux périodes de forte affluence. Le parking aussi. « Si j’avais anticipé un tel succès, j’aurais prévu un parking plus grand et une caisse supplémentaire. » Entouré de terres agricoles, le magasin dispose de peu de marge d’extension. Les prochaines années poseront donc aussi un défi en matière d’organisation et de capacité.

La culture du détail

Quand on l’interroge sur ce qui distingue son point de vente, Michaël Duysinx évoque d’abord le sens du détail. « Notre métier est fait de petits détails. » Propreté, organisation, mise en avant des produits, cohérence des promotions : tout converge vers cette exigence quotidienne, que l’on perçoit dès que l’on parcourt le magasin, particulièrement soigné et structuré.

Intermarché Crisnée
©Gondola

Aujourd’hui, le magasin de Crisnée emploie 40 collaborateurs et des étudiants. Michaël Duysinx souligne que le noyau dur de l’équipe est resté stable depuis l’ouverture. Le chef d’entreprise revendique un management humain et structuré : horaires fixes, maximum cinq jours de travail par semaine, rotation sur les week-ends, recherche d’un équilibre vie privée-vie professionnelle. Une organisation pensée pour fidéliser les équipes dans un métier exigeant et très opérationnel.

Au quotidien, le magasin s’appuie sur un tandem familial. Michaël Duysinx se consacre à la dynamique commerciale et à l’opérationnel, tandis que son épouse pilote l’administratif. Elle fait remarquer en souriant l’absence d’ordinateur sur son bureau. « Je ne me suis pas lancé dans le commerce pour passer ma vie dans un bureau », confirme-t-il. Rester au contact du terrain, des produits et des clients résume d’ailleurs le mieux sa vision pour le magasin : que les clients s'y sentent bien, qu'ils trouvent l'offre qui leur correspond et qu'ils prennent plaisir à y faire leurs courses. Dans un environnement concurrentiel où les consommateurs multiplient les canaux, c'est cette ambition, à la fois simple et exigeante, qui fait la différence.

Le tiers-temps au service du collectif

Au-delà de Crisnée, l’adhérent joue un rôle croissant au sein du Groupement Les Mousquetaires. Après avoir été référent pour les filières boulangerie et traiteur, puis responsable du groupe frais, il a pris en novembre la direction commerciale d’Intermarché Belgique dans le cadre du tiers-temps.

Ainsi, deux jours par semaine, Michaël Duysinx rejoint une équipe d’adhérents et de collaborateurs à la centrale pour définir les politiques et les enjeux commerciaux du réseau. « Cela permet de sortir du quotidien opérationnel et de contribuer à la direction que le groupe prend. »

Parallèlement, il est associé dans deux autres points de vente, à Waremme et prochainement à Grâce-Hollogne, tout en restant adhérent principal à Crisnée. Une trajectoire rapide, qu’il envisage désormais au service du collectif : « J’aimerais que l’ensemble des points de vente puisse réaliser le même succès que je vis aujourd’hui. »

Un afterwork pour de futurs indépendants

Pour les professionnels du secteur qui envisagent de franchir le pas de l’indépendance, Intermarché Belgique organise un afterwork d’information sur la « franchise participative » le 14 avril à 18h30 à Louvain-la-Neuve. L’occasion d’échanger avec des adhérents actifs dans le tiers-temps et de découvrir concrètement un modèle où les chefs d’entreprise ne se contentent pas d’exploiter un point de vente : ils participent à la stratégie nationale de l’enseigne.

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