Medi-Market, menace ou opportunité ?

Véritable supermarché du bien-être et de la santé, Medi-Market a de l’ambition : notre pays devrait compter pas moins de 20 points de vente d’ici 2020. Prix cassés, multitude de références, expérience d’achat améliorée, le concept est en rupture avec celui des points de vente traditionnels. Côté consommateurs, il a tout pour plaire… au grand dam de certains pharmaciens traditionnels qui y voient une atteinte à l’image du secteur. De bonne guerre ? Nous avons voulu en savoir plus et sommes parti à la rencontre de son fondateur au Medi-Market de Gosselies, premier du nom.

 

Medi-Market vise pour objectif « la démocratisation de la santé, pour le bien de tous ».  Pour l’atteindre dans un respect scrupuleux des règles de déontologie, il était indispensable de créer non pas un mais bien deux concepts distincts –mais complémentaires. Une séparation et une complémentarité bien visible dans le point de vente physique, puisque les espaces pharmacie et parapharmacie sont toujours délimités par une vitre.  Chaque entité dispose donc de sa propre entrée, mais est également accessible par l’autre.

 

 

La parapharmacie.

Cinq univers sont représentés dans la parapharmacie Medi-Market pour un total de plus de 8.000 références : Soins & Beauté, Diététique & Nutrition, Médecine Naturelle, Bandagisterie et Bébé. « Les produits de parapharmacie ne sont pas de simples produits de consommation. Il faut un cadre professionnel pour expliquer et veiller à ce que les consommateurs ne soient pas trompés ». Pour répondre à leur besoin, trois dimensions ont été ici développées : Le prix, le choix, le conseil.

 

 

« Nous tentons d’optimiser chaque élément de la chaîne de valeur pour offrir les meilleurs produits au meilleurs prix, que ce soit les laits pour bébé, les crèmes dermatologiques, les vitamines ou les compléments alimentaires ». Une optimisation qui permet à Medi-Market de proposer des produits 20 à 30% moins chers qu’ailleurs.

 

 

 

Entre les 8.000 références que compte le point de vente, le consommateur a la possibilité de demander des conseils auprès d’une diététicienne, d’une esthéticienne ou encore d’un naturopathe.  Rayon soins et beauté, le consommateur pourra par exemple gratuitement tester sa peau et ainsi savoir quel type de produit est le mieux adapté. « Et pour aller au bout de la démarche, nous avons mis en place de véritables consultations en diététique et en naturopathie. L’objectif étant toujours de donner au plus grand nombre et à un tarif préférentiel accès à des conseils de qualité donnés par des gens compétents ».

 

 

 

La pharmacie.

 

« La pharmacie est épurée, autonome et dédiée au conseil, à l’accompagnement des patients et à la délivrance des médicaments. C’est pourquoi nous avons voulu libérer nos pharmaciens d’un maximum de tâches qui les empêchaient de se concentrer sur le cœur de leur métier d’acteurs de santé. Nous avons recentré l’offre sur les médicaments et les produits de santé au sens strict », explique Yvan Verougstraete. Ici, le pharmacien ne gère pas l’argent : le paiement passe au choix par la caisse de la parapharmacie ou par la borne de paiement automatique dans l’espace pharmacie. L’offre Impulse est également réduite à son strict minimum, permettant une fois encore au pharmacien de répondre au mieux aux attentes du patients en lui livrant des conseils professionnels. « C’est ce qu’attend le patient en rentrant dans une officine. Rien de plus, rien de moins ». 

 

 

 

Dans cet espace,  le patient est invité à utiliser des comptoirs didactiques. Des tablettes sont ainsi mise à sa disposition lui délivrant des informations sur les différents types de produits non-remboursés : contre-indications, posologies,… L’occasion également de mettre en avant la différence de prix par rapport à une officine traditionnelle. Une boîte de Dafalgan 1gramme (50 comprimés) coûtera ici 7,99 euros au lieu des 12,33 euros pratiqués dans la plupart des pharmacies. « Le modèle de notre pharmacie, cumulé à une profonde optimisation de l’organisation du travail, nous a permis de dégager les marges nécessaires pour soutenir les efforts de réduction du prix des médicaments pour la patientèle et de promouvoir les achats qui contribuent à la réduction du déficit de la sécurité sociale. Nous sommes convaincus qu’une saine compétition sur les prix des médicaments contribue à la démocratisation de la santé ».

 

 

Des produits 20 à 25% moins chers.

Tout comme c’est le cas dans la parapharmacie, les prix des médicaments non-remboursés sont donc, dans la pharmacie Medi-Market, 20 à 25% moins chers qu’ailleurs. « Croire que le prix des produits de pharmacie non-remboursés est fixe est erroné. La pharmacie est aujourd’hui le cartel le mieux organisé de Belgique », poursuit notre interlocuteur. La législation prévoit en effet un plafond maximum permettant d’éviter d’éventuelles dérives extrêmes dans un secteur aussi important que la santé. « Mais cela reste un maximum. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il est donc tout à fait permis de vendre moins cher les médicaments non-remboursés. En optimisant le mode de fonctionnement des pharmacies et en négociant au mieux avec les laboratoires, le prix de ce type de médicament pourrait – et c’est là notre objectif - baisser de 20% en moyenne. Vu la taille du marché, cela représente un gain potentiel important. Cela permettrait en effet aux Belges d’économiser, chaque année, plus de  250 millions d’euros ! »

 

 

Medi-Market ne cherche pas seulement à soulager le portefeuille des Belges, mais aussi à répondre aux attentes des autorités. « Nous voulons, en vue de réduire le déficit de la sécurité sociale, soutenir au maximum les produits génériques et les substituer autant que possible aux produits plus chers ne disposant d’aucune valeur ajoutée. Avec le vieillissement de la population, le budget de la sécurité sociale dédié au remboursement des soins de santé va devenir de plus en plus difficile à contrôler. Il faut, à tous les niveaux, prendre le plus rapidement possible les mesures nécessaires pour essayer de le limiter ». Cette promotion des produits génériques passe également par les bornes et panneaux didactiques disponibles dans l’espace pharmacie.

 

 

Une arrivée mouvementée.

 

Une telle philosophie de démocratisation de la santé et du bien-être ne pouvait rationnellement se développer sans bruit. Aussi, à l’ouverture du premier point de vente, de nombreux pharmaciens et associations en colère ont fait entendre leur désaccord. « Notre mission est de démocratiser les meilleurs produits. Nous ne sommes pas la véritable menace ! La véritable menace, c’est de ne pas avancer, de ne pas bouger, de laisser libre court à internet »  poursuit Yvan Verougstraete avant de préciser être tout à fait conscient que l’expertise et l’innovation requièrent des investissements et qu’il faut que toute la chaîne garde des marges suffisantes pour vivre et soutenir le développement de ce marché.

 

 

« Nous n’avons d’ailleurs pas une approche ‘discount’ avec des produits ‘cassés’ en in-out. Nous ne travaillons pas non plus le 20/80 comme les discounters. Au contraire, nous voulons offrir toutes les gammes, même les produits qui tournent peu. Nous ne voulons pas entrer dans une désescalade, mais ce n’est pas pour cela que nous devons suivre la politique de marge actuelle pratiquée par les acteurs du secteur sous forme de prix conseillés et en fait suivis par tous. Cela nous semble inadmissible ». Concrètement, pour Medi-Market, il s’agit d’être le moins cher du marché, sans pour autant tirer les prix toujours plus bas, ni se substituer au rôle des pharmacies de proximité dont le fondateur reconnaît l’importance. « Notre vocation est bien de nous développer de manière complémentaire avec les réseaux d’officines existants », précise-t-il.

 

La menace est ailleurs.

 

Pour Yvan Verougstraete, la véritable menace est ailleurs : dans la peur du changement et l’absence d’évolution. Absence d’évolution qui selon lui diluerait le rôle et l’image du pharmacien dans un grand tout ingérable et incontrôlable. « Cette absence laisserait également la voie libre à des acteurs discount étrangers ne mettant en valeur que quelques produits best-sellers,  voire à des sites web pur players dénoués de tout service et conseil. Le risque étant également qu’à termes, il ne nous soit plus possible d’empêcher la grande distribution non-spécialisée de revendiquer la distribution de gammes importantes de produits de prévention-conseil voire, qui sait, de médicaments ». Après le rachat de Pharmaclic.be -3ème pharmacie virtuelle en Belgique, Medi-Market lançait récemment son propre site web dédié à la parapharmacie.  Une manière de compléter son offre, tout en se préparant pour le futur. 

 


 

Ceci est un extrait de l'article à paraître dans le prochain numéro du Gondola Magazine. Vous n'êtes pas encore abonné? Cliquez ici!

 

Auteur: 

Carole Boelen

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