L'affaire "Findus", qui est coupable?

Alors que "l'affaire Findus" fait grand bruit à travers l'Europe entière, il n'est actuellement pas prévu de retirer du marché belge des plats préparés ou surgelés à base de viande hachée. C'est ce qu'a indiqué l'Afsca à l'agence Belga, ce dimanche. Néanmoins, une enquête menée par le SPF Economie débutera ce lundi sur le marché belge. (update - voir ci-dessous - La Belgique n'est pas concernée / Carlo Di Antonio réagit / Réunion des ministres européens à Bruxelles /Europe: Tonio Borg, ouvert à la mention de l'origine sur les plats préparés / Belgique: enquête élargie aux produits transformés / Les parodies des internautes / L'UE demande des tests ADN / Europol coordonnera les enquêtes)

Pour rappel, d'importantes quantités de viande de cheval - jusqu'à 100% - ont été découvertes au Royaume-Uni dans des spaghetti bolognaise et lasagnes qui auraient pourtant du contenir 100% de boeuf. Des produits de ce type ont été retirés des rayons de différents distributeurs en Angleterre, en France et en Suède. "Nous sommes au courant du problème et suivons son évolution, mais nous ne pouvons pas encore dire si cela concerne des produits en Belgique. Nous mènerons une enquête à partir de lundi", explique Chantal De Pauw du SPF Economie.

L'inspection économique pourrait, si ce fait s'avère également en Belgique, retirer les marchandises incriminées sur base de la loi sur les pratiques du marché. Néanmoins, selon l'Afsca et le SPF Economie, il n'y a là aucune raison de s'inquiéter.

 

Rappelons à nos lecteurs que si la marque Findus avait fait un retour dans les linéaires de quelques grandes enseignes belges en 2009, après 8 années d’absence, celui-ci fut assez éphémère.

En France, six enseignes ont retiré de leurs rayons les plats préparés fournis par la société Comigel qui approvisionne Findus et diverses marques de distributeurs (Auchan, Casino, Picard, Carrefour, Cora et Monoprix). La société commercialise ses produits dans seize pays différents. La fraude remonterait, selon Findus, à août 2012.

Si selon les autorités sanitaires britanniques, la viande ne pose aucun problème pour la santé du consommateur, celles-ci ont néanmoins demandé une analyse des produits afin de savoir si ceux-ci ne contiennent pas de phénylbutazone, un médicament pour les chevaux les rendant impropres à la consommation humaine.

Des plaintes en cascade
Les différents acteurs se défendent et plaident d'une voix la tromperie, se renvoyant chacun la faute. Findus France devrait en effet porter plainte contre X ce lundi. La filiale nordique de Findus, elle aussi, devrait porter plainte contre Comigel et ses fournisseurs. De son côté, Spanghero, qui a fourni la viande à Comigel a déclaré avoir l'intention de se retourner contre son propre fournisseur, un abattoir roumain, s'il était avéré qu'il s'agissait de viande de cheval. Une enquête serait en outre déjà en cours en Roumanie.

 

En Roumanie, on estime que la viande de cheval a une couleur et une texture particulière, ce qui exclurait toute erreur involontaire. L'importateur aurait dès lors été complice, et aurait falsifié les étiquettes.

 

Update 12/02/13:

  • La Belgique n'est pas concernée

Selon le SPF Economie, la Belgique ne serait pas concernée. Celui-ci a en effet reçu, via le système informatique européen, une mention selon laquelle nous ne sommes pas concernés. Et de rappeler que la santé du consommateur n'est nullement en danger. Des contacts ont néanmoins été pris avec Comeos qui enquête auprès de ses membres susceptibles, cas avéré, de retirer des rayons les produits incriminés.

 

  • L'abattoir roumain nie toute implication

L'abattoir roumain Doly-Com nie quant à lui toute implication dans la fraude à la viande de cheval. "Nous avons vendu du cheval, quelqu'un sur le trajet a changé l'étiquette", résume, auprès de l'AFP, le Directeur de l'abattoir, Iulian Cazacut. "J'ai demandé au trader chypriote s'il était concerné et il m'a assuré avoir vendu la viande toujours sous l'étiquette de cheval. Maintenant, ils font eux aussi l'objet d'un contrôle et vont devoir s'expliquer".

  • Carlo Di Antonio plaide pour une consommation locale

Le Ministre wallon de l'Agriculture Carlo Di Antonio a réagit à l'affaire de la viande de cheval découverte dans des plats cuisinés en lieu et place du boeuf. Selon lui cette affaire renseigne la fragilité de la traçabilité alimentaire à l'échelle européenne. Cet événement est donc pour lui l'occasion de rappeler que la Wallonie regorge de produits alimentaires de qualité qu'il convient d'exploiter. Le Ministre plaide dès lors pour une consommation locale, rapprochant consommateur et producteur.

Selon lui, une consommation en circuit court permet de s'assurer de la provenance de nos aliments et de leur qualité. Il s'agirait également d'une reconnaissance du savoir-faire des artisans et producteurs wallons.

  • Réunion des ministres européens à Bruxelles

Une réunion des ministres européens concernés par l'affaire des plats surgelés et préparés à la viande de cheval aura lieu mercredi 13 février à Bruxelles afin de discuter des mesures nécessaires à prendre au niveau européen. L'affaire devrait également être au programme du prochain Conseil des ministres européens de l'Agriculture se tenant le 25 février prochain à Bruxelles.

 

 

Update 13/02/13:

  • Picard Belgique retire des produits de ses rayons

Picard Belgique retire, après la France, des lasagnes potentiellement concernées par le scandale de ses rayons. Néanmoins, aucune trace de viande de cheval n'a actuellement été décelée dans les points de vente belges. Picard est, après Findus, la seconde marque concernée par cette affaire. En France, l'enseigne a retiré deux produits (lasagnes bolognaise formule express et chili con carne) fabriqués par la société française Comigel. Aucun des 1.200 autres produits de la gamme Picard n'est concerné.

  • Europe: Tonio Borg, ouvert à la mention de l'origine sur les plats préparés

La Commission européenne, lors d'une conférence de presse, n'a pas exclu la possibilité de rendre obligatoire la mention de l'origine de la viande dans les plats cuisinés. "Indiquer le lieu d'origine pour les plats préparés? Oui, nous sommes en train d'y réfléchir", a déclaré Tonio Borg, commissaire européen à la Santé et à la Politique des consommateurs. "Certains pays sont pour, d'autres pensent que c'est trop compliqué. Nous allons voir si cela peut se faire et être imposé. Je ne ferme aucune porte". Monsieur Borg a tenu à rappeler que cet incident ne s'est pas produit en raison d'un manque de législation sur l'étiquetage. "Il y a une législation, mais quelqu'un ici ne l'a pas respectée", a-t-il précisé.

 

Les ministres européens de l'Agriculture tiendront une réunion de crise à Bruxelles durant la soirée de ce mercredi 13 février.

 

  • Belgique: enquête élargie aux produits transformés

Le SPF Economie élargit le champ de ses contrôles en Belgique. "Le champ de l'enquête est élargi. On a d'abord ciblé les lasagnes, nous contrôlons désormais les produits transformés contenant de la viande hachée. Nous travaillons étape par étape", explique la porte-parole du SPF Economie. L'inspection économique a en outre reçu des autorités françaises une liste des entreprises belges ayant acheté des produits à la société Comigel.

  • L'Allemagne serait également concernée

Un cas de plat préparé (lasagne) contenant erronément de la viande de cheval a été constaté en Allemagne.

  • Les internautes en rient

Mais alors que l'affaire inquiète les décisionnaires, celle-ci fait rire les internautes...

 

 

 

 

Update 14/02/13:

  • L'UE demande des tests ADN

La Commission européenne a demandé mercredi aux Etats membres de l'Union européenne de pratiquer des tests ADN sur les produits à base de boeuf. Cette proposition sera soumise aux Etats membres dès vendredi.

Tonio Borg a indiqué qu'il souhaitait qu'une première série de tests soit menée tout au long du mois de mars. Les premiers résultats devraient être livré à la mi-avril. Des contrôles devront également être menés afin de déceler toute trace de phénylbutazone, un anti-inflammatoire pour cheval.

La Commission européenne a également demandé d'accélérer sa réflexion sur l'étiquetage des produits.

  • Europol coordonnera les enquêtes

Europol, l'office européen de police, devra se charger de coordonner les enquêtes criminelles menées dans plusieurs pays de l'EU afin de déterminer d'où provient la fraude.

  • Jan Fasen: le suspect idéal

Condamné en janvier 2012 pour avoir vendu des centaines de tonnes de viande de cheval étiqueté "boeuf"- voire même "halal"- à des clients français, le trader néerlandais Jan Fasen est le suspect idéal dans l'affaire "Findus". Il a, en effet, reconnu dans The Guardian avoir acheté de la viande chevaline à deux abattoirs roumains et en avoir revendu une partie à la société Spanghero. Celui-ci nie néanmoins toute fraude. "J'étais sûr à 100% d'acheter du cheval. Nous l'avons vendu en France à Spaghero ainsi qu'à des clients en Belgique et en Hollande comme étant du cheval. Il n'y a aucun problème. Quelqu'un a fait une erreur et ce n'est définitivement pas nous", déclare-t-il.

  • La société Draap attise les curiosités

Benoît Hamon, Ministre français délégué à la Consommation a demandé à Bruxelles à obtenir plus d'informations sur la société Draap basée à Limassol, à Chypre. Une société qui aurait pour seul actionnaire une société offshore basée aux Iles Vierges britanniques. Selon un gérant néerlandais de chambres froides, Jan Fraser serait le détenteur de la société Draap. Ce-dernier opérerait via une boîte postale située à Scholten en Belgique.

  • 3 carcasses envoyées en France contenaient du phenylbutazone

Trois carcasse de cheval en provenance d'abattoirs britanniques contenant des traces de phenylbutazone ont été découvertes en France. Selon les spécialistes, le danger serait minime en raison des faibles concentrations du produit. Néanmoins la substance peut entraîner chez les hommes des anomalies de la moelle osseuse.

Update: 15/02/13

  • Premiers résultats de l'enquête: Spanghero a vendu 550 tonnes de viande de cheval étiquetées "boeuf"

La direction française de la répression des fraudes a, pour la première fois, mis en lumière l'ampleur de la fraude. La société française Spanghero a réceptionné durant six mois 750 tonnes de viande de cheval avec l'étiquette douanière correspondant à de la viande de cheval. Sur ces 750 tonnes, 550 tonnes ont été livrées à l'usine luxembourgeoise de Comigel étiquetée "viande de boeuf d'origine UE", mais munie d'un code douanier signalant qu'il s'agissait de viande de cheval...

Ces 550 tonnes auraient ensuite servi à la fabrication de plus de 4,5 millions de produits frauduleux vendus par Comigel à plus de 28 entreprises dans 13 pays européens. Spanghero sera poursuivi en Justice pour tromperie économique. De son côté la société française assure sa bonne foi et attend les résultats de l'enquête.

Auteur: 

Gondola Magazine

catégorie: 

Bord-Bia - FR - SIDE

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