Tax shift sur les boissons: le secteur réagit vivement contre la proposition

tax shift
Aujourd'hui, les boissons sont jusqu'à 40% plus chères en Belgique que dans les pays voisins. Si cette différence augmente encore, cela augmentera le commerce transfrontalier
David Marquenie
secrétaire général FIEB

Le gouvernement entend rehausser les accises sur les boissons sucrées. Une annonce qui fait bondir le secteur.

 

Ce week-end, le gouvenement a annoncé avoir décidé d'augmenter les accises sur les boissons sucrées. Concrètement, dès l'an prochain, une bouteille d'un litre coutera  3 cents plus cher et une canette 1cent plus cher. Cette mesure devrait permettre de rapporter 50 millions d'euros. Le secteur n'a pas tardé à réagir contre cette annonce jugeant à l'unanimité ne pas avoir été intégré dans une consultation sérieuse.

 

FIEB

La Fédération belge des producteurs d'eau et de boissons rafraichissantes est, sans surprise, l'un des premiers à réagir à l'annonce. "Une taxe visant spécifiquement un ingrédient, le sucre, et qui de surcroit se limite à une catégorie spécifique de produits, à savoir les boissons, peut difficilement être considérée comme une mesure visant la santé", peut-on lire dans son communiqué de presse. Pour la FIEB, ce tax shift n'a aucun rapport avec la santé. La FIEB rapelle en outre que la contribution des boissons rafraichissantes à la consommation énergétique des belges ne représente en moyenne que 3,8%."Aujourd'hui, les boissons sont jusqu'à 40% plus chères en Belgique que dans les pays voisins. Si cette différence augmente encore, cela augmentera le commerce transfrontalier. Et cela aura un impact négatif sur la compétitivité des enteprises et finalement sur l'emploi dans le secteur. Le credo du gouvernement -jobs,jobs,jobs- risque d'avoir de toutes autres conséquences pour notre secteur".

 

Comeos

Dominique Michel, Président de Comeos, déplore que cette décision ait été prise sans consultation sérieuse avec le secteur. Comeos demande au gouvernement d'organiser une vaste consultation rassemblant toutes les parties.

 

FEVIA

Fevia n'a pas tardé non plus à communiquer sur le sujet jugeant que le tax shift touche de nouveau la seule industrie qui maintient de l'emploi dans notre pays. "Après la taxe sur les emballages, la taxe kilomètre, un système de consigne onéreux dans les cartons, ceci est une nouvelle pilule difficile à avaler pour un secteur qui continue à investir dans les emplois et l’innovation", souligne la FEVIA. Selon la FEVIA, la fédération de l’industrie alimentaire, cette taxe menace aussi la compétitivité sans offrir une véritable solution. “Nous comprenons que le gouvernement veuille réaliser un tax shift et améliorer la santé, mais nous nous posons des sérieuses questions sur la manière dont il veut y arriver” déclare Chris Moris, directeur-général de FEVIA. “L’industrie alimentaire a investi l’année passée un montant record de 1,3 milliards d’euros dans notre pays et cette année encore de nombreuses entreprises belges alimentaires ont annoncé de nouveaux investissements créateurs d’emplois et des innovations. Nous espérons que le gouvernement va maintenant rapidement mettre en place une véritable et ambitieuse politique de la santé, comme la Ministre De Block l’a annoncé cette semaine. L’industrie alimentaire est prête à collaborer à de vraies solutions, mais demande plus de concertation et une vision à long terme. "

 

SNI

Au SNI, même son de cloche. « La taxe santé que le gouvernement a décidé d’instaurer sur les boissons rafraichissantes est juste une augmentation d’impôts » réagit la présidente du SNI, Christine Mattheeuws. Pour le SNI, "si la Ministre de la Santé publique, Maggie De Block, veut instaurer un plan national de santé, elle ferait mieux d’investir dans des mesures positives telles que rendre les aliments et boissons sains meilleurs marché et dans la prévention". Là où d'autres voient un danger vers plus d'achats transfrontaliers, le SNi craint un glissement de marques A à marques B: « De telles augmentations d’accises vont seulement remplir les caisses de l’état et ne modifieront pas le comportement des consommateurs. Ils vont se détourner des marques A au profit de marques B moins chères, ils ne ressentiront donc pas l’augmentation des prix ».

Auteur: 

Carole Boelen

catégorie: 

Bord-Bia - FR - SIDE

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