Fevia: « Le protectionnisme français nuit à l’industrie alimentaire belge »

La Commission européenne a donné son feu vert à la France mardi pour « tester » la mention obligatoire de l’origine du lait et de la viande utilisés comme ingrédients dans les produits alimentaires. Pour la Fevia, la Fédération de l’industrie alimentaire belge, cette décision enterrerait le principe du marché unique européen.

 

 

La Commission européenne a donné son feu vert à la France mardi pour « tester », pendant deux ans, la mention obligatoire de l’origine du lait et de la viande utilisés comme ingrédients dans les denrées alimentaires. Concrètement, cela signifie que durant les deux prochaines années, les producteurs alimentaires français seront dans l’obligation de mentionner l’origine exacte de leurs produits laitiers ou à base de viande. Un fromage ou un saucisson fabriqué et vendu en France et contenant du lait ou de la viande belge devra donc comporter cette mention de manière explicite. La Fevia craint que les producteurs français soient tentés de s’approvisionner auprès de fournisseurs français et que les distributeurs français ne délaissent les produits laitiers et de viande belges. D’autres pays, dont l’Italie, ont indiqué leur volonté d’introduire un étiquetage d’origine obligatoire.

 

Protectionnisme

 

La Fevia voit dans cette initiative du gouvernement français une forme de protectionnisme qui touchera surtout les producteurs issus de plus petits pays à l’économie ouverte, comme la Belgique. La Fédération appelle donc les autorités belges à prendre les mesures nécessaires en vue de « stopper la prolifération du protectionnisme en Europe ».

 

 

« L’introduction de différentes règles d’étiquetage pour des produits fabriqués en France ou en dehors équivaut à dresser des barrières commerciales. C’est surtout la compétitivité des producteurs de plus petits pays à l’économie ouverte comme la Belgique qui en fera les frais. Après le Brexit, il s’agit d’une nouvelle menace pour la compétitivité de l’industrie alimentaire belge », soutient Jean Eylenbosch, président de la Fevia. Pour rappel, l’exportation est le principal contributeur de croissance de l’industrie alimentaire (+15% par rapport à 2011). La France est l’un des principaux partenaires commerciaux de la Belgique: un cinquième des produits alimentaires belges y sont en effet exportés.

 

 

En contradiction avec les conclusions de la Commission européenne

 

« La Commission européenne n’a pas non plus précisé dans quelle mesure la qualité des produits alimentaires concernés est liée à leur origine, ce qui est pourtant une exigence légale. La décision d’autoriser la France à réaliser ce test n’est pas en ligne avec les conclusions publiées il y a tout juste deux ans par la Commission européenne. Elle y concluait que le consommateur n’est pas prêt à payer pour une mention obligatoire de l’origine, que l’impact administratif d’une telle mesure est non négligeable et que celle-ci impacterait négativement le commerce européen » souligne la Fevia par voie de communiqué.

 

 

Chris Moris, directeur général de la Fevia: « Nous appelons toutes les autorités belges à renforcer leurs efforts pour préserver la compétitivité des entreprises alimentaires belges ».

 

 

Auteur: 

Carole Boelen

catégorie: 

Bord-Bia - FR - SIDE

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