Disparité salariale: une compensation record de 4,5 milliards d'euros demandée à Tesco

Tesco est poursuivi par une centaine d’employées estimant être moins payées que leurs homologues masculins pour travail égal. Cette plainte pourrait déboucher sur des dommages et intérêts de 4,5 milliards d’euros, un montant sans précédent dans le cadre de disparité salariale.

 

Leigh Day, un cabinet d’avocats britannique, poursuit Tesco en justice pour disparité salariale. Les femmes gagneraient jusqu’à 3 dollars de l’heure en moins que leurs homologues masculins, pour travail égal. Selon le cabinet, Tesco paie ses salariés 11 livres (12,40 euros) de l’heure en entrepôt, quand ceux des magasins perçoivent 8 livres de l’heure. Problème: les équipes d’entrepôts sont essentiellement constituées d’hommes, là où celles des magasins se constituent surtout de femmes. L’écart pourrait aller jusqu’à 5.000 livres par an.

 

Pour Leigh Day, cet écart ne peut se justifier par une valeur de travail moindre entre les deux profils. « Certes, en entrepôt, il y a la pénibilité du travail, mais cela s’applique également en magasin. Les employés en magasin doivent également aider les clients et gérer de l’argent » estime le cabinet d’avocat. Il souligne également que les hommes effectuant des tâches généralement plus souvent attribuées à des femmes sont eux aussi sous-payés.

 

100 femmes se sont jointes à la plainte et le cabinet poursuit ses recherches de plaignant(e)s. L’objectif de Leigh Day est d’obtenir des dommages et intérêts de 4,5 milliards d’euros de la part de Tesco. Il s’agirait là du montant le plus élevé jamais enregistré dans le cadre d’une plainte pour disparité salariale.  Ce montant est calculé sur une estimation de 200.000 personnes sous-payées, qui seraient donc rétroactivement remboursées de 20.000 livres chacune.

 

De son côté, Tesco se dit disposé à discuter de l’écart salarial avec le syndicat britannique Usdaw, mais ne souhaite répondre à aucune question concernant la plainte de Leigh Day tant qu’elle ne l’a pas réceptionné. «  Tesco a toujours été un endroit où les gens pouvaient faire carrière, indépendamment de leur sexe, de leurs antécédents ou de leur éducation. Et nous faisons de notre mieux pour payer honnêtement et équitablement tous nos collaborateurs pour les emplois qu'ils accomplissent » précise tout de même l’enseigne.

 

Leigh Day n’en est pas à son coup d’essai. Des affaires en cours ont lieu impliquant des chaines concurrente à Tesco, Asda et Sainsburry’s. Pour ces chaînes, le cabinet représente respectivement 20.000 et 1.000 employés. Il en va de même pour le conseil municipal de Birmingham.

 

Belgique

 

Selon l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes, l’écart salarial se réduisait quelque peu l’an dernier. Malgré tout, une femme gagne toujours, en moyenne, 8% moins qu’un homme à travail égal. Dans le retail, cette différente grimpe à 9,2% (une femme gagnera ici 15,65 euros de l’heure, contre 17,23 euros de heure pour un homme). Dans le commerce de gros, l’écard est de 6,3% (20,39 euros de heure contre 21,75 euros de l’heure).

 

Auteur: 

Carole Boelen

catégorie: 

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