Voorzitter Boerenbond

Sonja De Becker

Lundi, 10 Juillet 2017 - 3:43pm

Un secteur fruiticole tourné vers l’avenir

Le secteur agricole et horticole vit des temps difficiles à l’échelle mondiale, y compris en Flandre. Les certitudes sont rares et les aléas nombreux. Ces dernières années, le secteur fruiticole belge a été à plusieurs reprises victime de facteurs face auxquels le cultivateur individuel est impuissant. La Russie a décidé de fermer ses frontières en 2014 et a annoncé il y a quelques semaines son intention de prolonger l’embargo sur les produits agricoles et horticoles européens entre autres. La Russie représentait un débouché important pour l’ensemble du secteur agricole et horticole, mais aussi et surtout pour nos fruiticulteurs, et en particulier les poires Conférence. Un tel boycott dérègle complètement le marché et met les prix fortement sous pression. Faire du commerce sur un marché mondial de plus en plus vaste et volatil accroît les risques financiers encourus par chaque entrepreneur.

 

Comme si cela ne suffisait pas, le secteur fruiticole flamand a aussi été touché plusieurs fois par des phénomènes climatiques rares : violentes inondations et tempêtes en 2016 et, plus récemment, gelée nocturne exceptionnelle en avril 2017. Ces phénomènes naturels sont à l’origine de graves pertes de production contre lesquelles le secteur ne peut se prémunir. Heureusement, nous n’avons pas connu ces dernières années d’épiphytie difficile à contrôler, mais ce scénario n’est pas exclu. Outre les risques financiers, le secteur fait donc face à de nombreux risques naturels.

 

Le secteur de la fruiticulture pourrait se contenter de subir tous ces revers de fortune, mais il a choisi de se battre et de trouver des solutions. Toutes les parties concernées se sont attelées à cette tâche au cours des derniers mois. En 2016, les fruiticulteurs ont formulé sous l’égide du Boerenbond un plan d’action Fruits articulé autour d’une série de points d’action décisifs. La ministre de l’Agriculture Joke Schauvliege a répondu favorablement à leur demande d’une approche plus large. À lui seul, le cultivateur est désarmé. En s’unissant, ils peuvent faire bouger les choses, mais c’est quand toute la chaîne se mobilise, en ce compris les pouvoirs publics, les centres de recherche, les criées, les commerçants et les organisations à l’exportation, que l’on obtient de réels résultats. La ministre Schauvliege a facilité la concertation entre toutes les parties prenantes en vue de l’élaboration d’une stratégie d’avenir pour le secteur des fruits durs. J’ai signé ce document avec la plus entière conviction début juillet, tout comme les présidents de plusieurs criées, les centres de recherche, les commerçants, les exportateurs et la ministre.

 

Cette stratégie d’avenir met l’accent sur divers facteurs. La solution à un problème est en effet souvent plurielle. Il faut donc contrôler les coûts afin d’améliorer la rentabilité, tout en continuant à investir dans l’exportation de nos produits de première qualité vers des marchés existants, mais aussi nouveaux. Enfin, sur le marché local, les bienfaits pour la santé et la qualité des fruits belges doivent être davantage mis à l’honneur.

 

La qualité… voilà le nerf de la guerre. Cette garantie de qualité permet à nos fruiticulteurs de se différencier, et nous devons encore mieux mettre cette différence en avant. Le gros de la production peut être produit meilleur marché ailleurs. La Belgique, avec ses sols fertiles, son climat tempéré, ses centres de recherche compétents et le savoir-faire de ses fruiticulteurs, a fait de la qualité sa marque de fabrique. Je sais aussi que c’est cette garantie de qualité qui nous donne accès à vos linéaires.

 

Le secteur fruiticole flamand assume ici une grande part de responsabilité. Avec l’aide des centres de recherche, nous devons poursuivre nos efforts d’innovation afin d’identifier de meilleures races et des méthodes de taille plus efficaces, de formuler une stratégie de fertilisation et de protection phytosanitaire équilibrée et réfléchie, de détecter le moment de récolte idéal, et de développer des méthodes de tri et de conservation optimales… Tous ces facteurs contribuent à une qualité de premier ordre, de préférence reconnaissable grâce à un label de qualité unique pour les fruits.

 

Je tiens toutefois à souligner que cette approche n’aura de chances de réussir que si toute la chaîne y met du sien. Du cultivateur à ceux qui trient les fruits, les conservent, en font le négoce et les vendent.

 

En tant que présidente du Boerenbond, je vous tends la main car vous aussi, les points de vente de notre pays, constituez un maillon crucial de la chaîne. Les consommateurs belges, vos clients, exigent ce qui se fait de mieux. Cela implique que les fruits soient transportés vers les points de vente dans des conditions optimales et présentés sur des étals qui garantissent la préservation de cette excellente qualité. Je suis certaine que le consommateur belge est prêt à payer un prix correct pour bénéficier d’une telle qualité, ce qui est crucial pour un secteur fruiticole tourné vers l’avenir. J’en reviens ainsi au début de mon texte. La boucle est bouclée.

 

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