CEO Glacio IJsboerke

Peter Janssen

Mercredi, 10 Janvier 2018 - 3:09pm

Souhaitons que 2018 soit une année rafraîchissante

En fin d’année dernière, Peter Janssen, CEO de Glacio/IJsboerke, était nommé Personality of the Year. Aujourd’hui, il évoque l’année à venir.

 

“Ça a été une surprise. Moi, personnalité de l’année. Toutes sortes de choses me sont passées par la tête. Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un tel honneur ? Pourquoi moi ? Et ma conclusion est claire : cette récompense, je ne l’ai pas gagnée tout seul. Elle représente une marque de reconnaissance envers notre entreprise, nos collaborateurs, toutes les personnes impliquées dans l’entreprise et moi aussi bien sûr. C’est le couronnement de notre persévérance. Car croyez-moi, cela n’a pas toujours été facile. Ce pays, aussi formidable soit-il sur bien des plans, ne facilite pas la vie des entrepreneurs. Pour réussir, il faut faire preuve de ténacité et d’intelligence.

 

Il y a cinq ans, nous avons tendu la main à la société IJsboerke alors en difficulté. Nous savions que ce ne serait pas une partie de plaisir et que ce serait même un sacré défi. Mais comme quelqu’un l’a un jour si bien dit à la télévision : la vie n’est pas un manège. Nous tenions absolument à redonner de la joie de vivre à cette marque emblématique dans la limite de nos moyens. Nous avons misé sur de belles extensions de gamme, des innovations pertinentes, des projets de co-branding accrocheurs et des actions marketing originales. Le tout commercialisé selon nos sympathiques méthodes campinoises.

 

Nous sommes fiers de fabriquer quelque chose chez Glacio-IJsboerke. En l’occurrence, de délicieuses glaces, créées et produites en Belgique. 30 % de notre production, comprenant la marque IJsboerke, est destinée à la Belgique. Les 70 % restants sont exportés vers près de 40 pays différents sous la marque Glacio ou sous marque propre. Nous sommes donc un très fier acteur de l’industrie manufacturière belge, une branche de l’économie belge que d’aucuns qualifient d’obsolète. Je l’admets, la réalité des chiffres est implacable : dans les années 50, l’industrie employait 1,3 million de gens, contre 250 000 personnes pour les pouvoirs publics. Aujourd’hui, le rapport s’est inversé : 0,5 million dans l’industrie et 850 000 dans les administrations. Houston, we have a problem!

 

Lors de la réunion annuelle de FEVIA, il est apparu que l’industrie alimentaire belge a encore progressé de 3 % pour atteindre 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires. C’est le plus important secteur du pays. Une bonne nouvelle, mais il y a un bémol : les ventes de produits belges ont reculé de 1,7 %. Cette diminution est due aux achats transfrontaliers, eux-mêmes motivés par la hausse des accises. Nous devons tous nous efforcer de faire en sorte que les choses continuent de tourner rond : fabriquer autant de produits que possible en Belgique, placer la barre très haut en termes de qualité à prix équitable, trouver un maximum de débouchés dans notre propre petit pays, mais aussi résolument miser sur les exportations.

 

Loin d’une sinécure dans un pays affichant les coûts salariaux les plus élevés d’Europe, dans un contexte d’extrême volatilité du marché des matières premières, où le prix du beurre et de la crème peut tripler en moins de six mois, voire pire pour la vanille. En tant que PME, nous devons surmonter ces obstacles avec créativité et persévérance. Pour le retail aussi, il est important d’avoir un local hero comme IJsboerke à chérir : il faut veiller à ce que le monde ne soit pas bientôt régi par une poignée de multinationales de la trempe de Google, d’Amazon et d’Alibaba.

 

Notre industrie manufacturière reflète bien la pyramide sociale où toutes les classes sont représentées. Elle emploie des personnes peu qualifiées qui peuvent effectuer des dépenses dans leur propre pays, ce qui contribue à une plus grande prospérité. En ce qui nous concerne, nous avons compris à la fin de l’année dernière que nous devions unir nos forces pour passer à l’étape suivante et réaliser des investissements complémentaires. Nous l’avons fait en nous associant à un acteur industriel solide. J’aimerais aussi demander aux retailers de joindre leurs forces pour faire en sorte que le monde continue de tourner rond. Nous employons plus de 500 travailleurs et soutenons ainsi la consommation locale. Tous nos remerciements à Gondola. Et souhaitons que 2018 soit une année rafraîchissante.”

 

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