Like a rolling stone…

Ce devait être il y a une dizaine d'années. Pour la première fois, j'avais dans les mains une étude qui faisait le lien entre bio et business. L'alimentation issue de l'agriculture bio était un phénomène encore relativement neuf dans le food retail avec, comme toujours, des chauds partisans et des adversaires tout aussi bouillants. Les adversaires pointaient surtout l'infaisabilité économique du marché bio. A l'époque, il n'était pas question de grande récession, mais les attentats du 11 septembre et l'explosion de la bulle internet étaient encore dans toutes les mémoires et le pouvoir d'achat n'était pas non plus extraordinaire. L'étude démontrait que le consommateur moyen était prêt à payer 10 à 15% de plus pour du bio. Ce fut une révélation. Les produits bio semblaient avoir le potentiel pour être plus qu'un phénomène de mode. Et la preuve est là : depuis dix ans, le marché du bio n'a cessé de progresser.

La culture bio des fruits et légumes a été l'une des premières étapes vers plus de durabilité à obtenir une grande visibilité dans les supermarchés. D'autres produits alimentaires ont suivi et le concept de durabilité s'est élargi, passant du ‘bio’ à ‘l'éco’, ne s'arrêtant plus exclusivement à la production mais s'intéressant également à l'emballage et à la réutilisation. Dans le dossier special durabilité du Gondola Magazine de décembre, nous abordons les principales tendances actuelles : packaging (avec la première édition du Greener Packaging Awards), réutilisation (les applications cradle-to-cradle), communication et bioéconomie. Ce qui frappe en première instance, c'est l'effet boule de neige de la vague verte. Chaque amélioration ouvre des portes pour faire mieux encore. Exemple : pour pouvoir recycler déchets et produits, il faut les transporter et qui dit transport supplémentaire, dit augmentation de la consommation d'énergie… ce qui nuit à l'empreinte écologique du fabricant le contraignant à de nouvelles initiatives pour améliorer sa durabilité. Mais la question de savoir où s'arrêter dans la ‘verdurisation’ ne se pose pratiquement jamais. Jusqu'où pousser ‘l'éco-puritanisme’ ?

‘L'éco-blanchiment’ à outrance est-il sans risque ? Dans ce dossier, nous multiplions les exemples pour faire le point sur l'état actuel du marché mais, d'ores et déjà, il apparaît clairement que le business est, et reste, le meilleur critère pour fixer les limites du genre. Si l'idéalisme est rafraîchissant, il serait sot de se jeter à corps perdu dans la bioéconomie, de fabriquer des produits hyper verts mais non rentables. Les exemples que nous donnons montrent la compatibilité business/durabilité. Pour autant que les choses progressent sereinement, pas à pas, le nombre de produits durables se multipliera naturellement avec le temps, comme les légumes bio il y a dix ans. Parce que la demande et les besoins du consommateur augmentent et parce que beaucoup de produits tirent de leur durabilité une amélioration significative. Ou, pour paraphraser Philip Kotler, gourou du marketing : “Ce qui est bon fonctionne mieux.” (...)

Les principales tendances en termes de durabilité dans le milieu du retail seront abordées, décortiquées et analysées dans l'édition spéciale du Gondola Magazine du mois de décembre. Apprenez-en plus en lisant le dossier durabilité de notre édition spéciale ! Vous n'êtes pas encore abonnés? Cliquez ici!

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Gondola Magazine