“Retailers et agriculteurs peuvent être des alliés”

Gondola a rencontré Piet Vanthemsche, le président du Boerenbond.
Les secteurs agricole et du retail ont besoin l'un de l'autre : sans agriculteurs, point de fruits, de légumes ou de viande dans les rayons. Mais leur partenariat peut aller plus loin, estime Piet Vanthemsche. Notamment en matière d'échange d'informations, d'utilisation de labels ou de promotion de produits locaux. Nous avons interrogé Piet Vanthemsche, le président du Boerenbond, sur les intérêts communs de l'agriculteur et du retailer.

Comment qualifieriez-vous les relations entre le monde agricole et le retail ?

Alors que ce n'est pas le cas partout en Europe, ces relations sont plutôt bonnes dans notre pays. Il faut dire que ces dernières années, on a beaucoup investi dans une meilleure compréhension au sein de la chaîne alimentaire. Nous nous y sommes attelés dès 2008, après une période de tension extrême au sujet du prix du lait. Souvenez-vous, les producteurs en avaient répandu des milliers de litres en signe de contestation. A l'époque, je m'étais interrogé sur le sens de pareilles actions. Est-ce qu'il n'aurait pas mieux valu amener agriculteurs, retail et industrie alimentaire à la table des négociations ? Le Boerenbond en a pris l'initiative avec pour objectif d'inviter les capitaines d'industrie à se parler et à nous parler. Dès 2010, nous avons élaboré ensemble un code de conduite qui vise à établir une relation durable au sein de la chaîne. Pratiquement tous les retailers l'ont signé.

Que contient ce code de conduite ?

Un certain nombre de règles de base qui doivent nous permettre de travailler ensemble. Lors des premiers contacts, nous nous sommes attachés à des principes de base, comme la conformité des contrats et d'autres choses du même genre. Mais nous avons surtout mis en place une ‘plate-forme de la chaîne’ où chacun a exprimé ce que devraient, à son sens, être les relations au sein de la chaîne. Après quatre ans, nous avons découvert que nous avions bien plus d'intérêts en commun que nous ne l'avions imaginé de prime abord.

Comment agriculteurs et retailers pourraient-ils pousser plus loin leur collaboration ?

Le retail peut être le meilleur des ‘informateurs’. Le monde agricole doit davantage axer sa production sur les demandes du marché que ce n'est le cas aujourd'hui. Il a donc besoin de mieux connaitre les tendances et qui mieux que le retail pour le renseigner ? Le Boerenbond est évidemment demandeur : nous pourrions jouer un rôle de plaque tournante en centralisant l'information avant de la diffuser auprès de nos membres.

Comment voyez-vous évoluer la relation entre le retail et le monde agricole ?

Je suis curieux de voir comment va évoluer l'e-commerce. Je pense que les dix prochaines années nous réservent leur lot de surprises, également sur le marché du frais. En raccourcissant le trajet entre le producteur et le consommateur, les produits devraient être, en principe, encore plus frais. Et je connais quelques agriculteurs qui ont franchi le pas. Ceci étant, 80 à 90% du marché du frais passera encore par les magasins physiques.

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Auteur: 

Joram De Bock
Bord-Bia - FR - SIDE