Qu’attendre de 2015 ? Nielsen, GfK et la BNB se projettent dans le futur

The Retail Society Logo

Faire le bilan de l’année 2014 sur base des statistiques les plus récentes pour tenter ensuite de faire des projections sur les douze mois à venir : tel était le thème central du premier workshop 2015 de The Retail Society, le business club de Gondola. Les orateurs – des représentants des bureaux d’études Nielsen et GfK et de la Banque Nationale de Belgique – sont d’accord : 2015 sera une année d’évolution qui verra se prolonger les tendances apparues l’an dernier.  

 

Une croissance modeste

 

Pour notre économie, 2014 fut une année de croissance modeste : 1% par rapport à l’année précédente. Françoise de Rappard, Directrice Commerciale de Nielsen, souligne que la grande distribution s’est montrée plus performante que la moyenne puisque le marché belge du FMCG a progressé de 1,2% en volume et de 2,3% en valeur dans quasiment toutes les catégories. Selon les calculs de la BNB, il faut s’attendre à des pourcentages du même tonneau pour l’année à venir. Geert Langenus, Researcher BNB : « Pour 2015, nous nous attendons à une progression de l’ordre de 0,9% par rapport à 2014 mais nos prévisions pour 2016 sont plus optimistes puisque nous tablons sur 1,4%. »

 

 

Le hard discount

 

La grande tendance de 2014 est sans nul doute la poursuite de la marche en avant du hard discount : Aldi et Lidl atteignent, ensemble, 18,5% de parts de marché (Nielsen, MAT) et ce, sans avoir ouvert de nouveaux magasins. Mieux, depuis 2013, le hard discount a même réduit le nombre de ses implantations. Comment dès lors expliquer cette progression ? Françoise de Rappard (Nielsen) : « Tout simplement par l’augmentation du nombre de clients. Chez Aldi, le nombre de tickets de caisse a augmenté de 7,6% alors que la valeur moyenne du ticket a baissé de 2,8%. L’équation est simple : Aldi a accueilli davantage de clients. Chez Lidl aussi le nombre de tickets de caisse a augmenté – + 8,6% – mais la moyenne par ticket est identique. Cela prouve que Lidl attire davantage de nouveaux clients et nous pensons qu’il a le potentiel pour continuer à croître. » Les avis divergent sur la question de savoir qui a le plus progressé : selon Nielsen ce serait Aldi et selon GfK, ce serait Lidl. A chacun ses statistiques…

 

Quant à savoir qui sera le plus performant cette année, Françoise de Rappard estime que les deux poursuivront leur ‘sucess story’ : « L’un et l’autre continueront à attirer de nouveaux clients, réguliers et occasionnels. » Les raisons de ce succès ? « Value for money… Les consommateurs en ont pour leur argent et c’est précisément ce qu’ils cherchent. »

Private label

 

Les private labels sont l’autre grand succès des douze derniers mois. Selon Nielsen, leurs parts de marché atteindraient, en valeur, 35,1% et même, selon GfK, 39,5% si l’on tient compte du frais. Sans surprise, les marques de distributeurs devraient poursuivre leur progression en 2015. Les marques A sont donc confrontées à une concurrence de plus en plus rude mais pas exclusivement celle des MDD. « Les petites marques font mal aux plus grandes. L’an dernier, elles ont mené la vie plus dure aux 50 plus grandes marques que ne l’on fait les private labels » affirme encore Françoise de Rappard.  

 

 

Promotions

 

Le marché vit de plus en plus au rythme des promotions, notamment celles de types 1+1 gratuit ou 2+1 gratuit. Mais ces promotions génèrent-elles réellement de la valeur ou détruisent-elles le marché ? Dans beaucoup de pays – France, Allemagne, Espagne ou Autriche – elles sont un moteur de croissance. Et chez nous ? « L’analyse est encore en cours mais il est clair qu’elles joueront un rôle essentiel cette année » affirme Françoise de Rappard.

 

 

 

L'effet AH

 

L’an dernier, nous avons traité dans ces colonnes de l’impact que pourrait avoir la politique de prix d’Albert Heijn. En mars, nous appuyant sur une étude de Nielsen, nous avions constaté que dans les quartiers où AH avait ouvert un magasin, les prix avaient chuté de 2% en moyenne. Au niveau des produits, cette érosion pouvait atteindre 12,5% voire même, les semaines de promotions, 50%. Depuis, le retailer néerlandais a ouvert de nombreux autres supermarchés et devrait atteindre en 2016 l’objectif qu’il s’était fixé, soit 50 implantations sur le territoire belge. S’il y arrive, on devrait vraisemblablement assister à une accélération de l’érosion des prix. GfK a calculé l’impact que signifieraient ces nouvelles ouvertures : « Avec 50 magasins, Albert Heijn détiendrait 5% de parts de marché en Belgique » affirme Karina De Cock, Account Director Retail GfK Panel Services.

 

 


Plus d'info sur The Retail Society? Cliquez ici!

 

 

Auteur: 

Carole Boelen