Michel Schaeffer prend congé de bol.com

Michel Schaeffer

Depuis 2001 déjà, Michel Schaeffer était actif chez bol.com, pionnier de l'e-commerce. Ces 14 dernières années, il y a été responsable du marketing et du développement des propositions de bol.com, mais a fait ses adieux à cette entreprise au début du mois pour entamer un nouveau chapitre de sa vie. Il est donc grand temps de lui faire passer une petite interview d'été !

 

Quel est le motif de votre départ de bol.com et que comptez-vous faire ensuite ?

J'ai vécu ces 14 dernières années chez bol.com comme un véritable récit d'aventures où chaque chapitre était passionnant et amusant, ce fut une période magnifique. A la fin de l'année dernière, j'ai décidé de quitter l'entreprise et de prendre la place nécessaire à un nouveau chapitre de ma vie. Nous avons désormais trouvé un successeur adéquat (Margaret Versteden, réd.) et je tire donc ma révérence. Après mon départ, je vais tout d'abord profiter de mon temps libre, voyager et passer du temps avec ma famille. Par la suite, je rechercherai probablement quelques start-ups intéressantes aux concepts innovants qui doivent être soutenues par un capital à risque et qui doivent passer le cap d'une nouvelle phase de croissance.

 

Sur ces 14 dernières années, vous avez participé en première ligne à la croissance de l'e-commerce dans le Benelux. Comment voyez-vous l'avenir de la vente en ligne dans notre pays ?

L'e-commerce dans le Benelux a conquis ces dernières années une importante part de marché dans les dépenses des consommateurs, et pourtant l'e-commerce en est toujours au début de son cycle de développement. Aux Pays-Bas, il n'y a toujours "que 7 à 8%" des dépenses non-food qui se font en ligne, et ce chiffre est encore inférieur en Belgique. Il est évident que cette part de marché va doubler au cours des années à venir, comme nous le voyons déjà également dans les pays qui nous entourent. La poursuite de l'internationalisation et de la croissance des fournisseurs issus à la fois de l'Occident que d'Asie y contribuera également.

 

Quelles sont les conséquences pour les détaillants classiques ?

De par la croissance de l'e-commerce, il y aura encore plus de pression sur les magasins physiques. Pour exemple : la magasin moyen a tellement de frais fixes qu'une baisse de chiffre d'affaires de 5% ou plus est quasiment impossible à compenser, alors qu'une telle baisse constituera la triste réalité pour de nombreux intéressés. De plus, outre la poursuite de la réduction d'échelle de la vente au détail physique, nous allons assister au cours des prochaines années à une consolidation dans le domaine de l'e-commerce. Les consommateurs en attendent de plus en plus (des prix plus bas, une livraison plus rapide et gratuite, un service via des canaux multiples, un site web parfait et les apps mobiles qui l'accompagnent, le paiement différé, etc.), ce qui fait que les parties moins solides financièrement auront de plus en plus de difficultés. Nous en voyons ici aussi suffisamment d'exemples aux USA comme en Asie : le marché se professionnalise et la bataille se mène entre un nombre limité de géants. Les parties qui se situent de l'autre côté du spectre (les spécialistes bien positionnés, avec un assortiment et/ou un service unique) peuvent survivre en travaillant intelligemment, mais les acteurs qui se trouvent au centre et ont une proposition 'classique générale" auront de plus en plus de mal. Pour les consommateurs, par contre, les prochaines années seront toujours plus riches : plus de choix, plus de service, plus de facilité, des prix plus attrayants.

 

Quels sont selon vous les principaux risques d'une plateforme d'e‑commerce ?

La plus grand menace est de penser que vous devez ou que vous pouvez tout faire vous-même. Je suis un grand "convaincu" de l'idée du réseau. C'est également la raison pour laquelle nous avons ouvert bol.com en de nombreux endroits à d'autres parties. Avec la 'vente via bol.com', nous offrons à chaque vendeur la possibilité de vendre des produits via bol.com suivant le principe de "no cure no pay". De nombreux acteurs comme Central Point et Torfs en font déjà bon usage. C'est véritablement une belle proposition : le vendeur bénéficie de revenus supplémentaires grâce à un accès à l'ensemble des Pays-Bas et de la Belgique sans devoir faire d'investissements, les clients ont plus de choix et de meilleurs prix, et bol.com devient un meilleur magasin. Une autre forme de notre pensée de réseau ouvert est le fait que chacun puisse vendre des produits de bol.com sur son site web. Nous facilitons ainsi la tâche de nombreux sites web spécialisés en ce qui concerne la vente des produits.

 

Pour quel projet de votre carrière ressentez-vous la plus grande fierté ?

Je suis incroyablement fier de la prestation de bol.com : quand j'ai commencé, bol.com était une toute petite entreprise. Quinze ans plus tard, nous sommes la plus forte marque de vente au détail des Pays-Bas et nous comptons plus de 5 millions de clients dans le Benelux, et nous sommes toujours l'entreprise de vente au détail qui connaisse la plus forte croissance. 

 

Etant donné qu'il s'agit d'une interview d'été… avez-vous un livre à conseiller à nos lecteurs ?

Je viens de commencer le livre de Peter Hinssen, dont je valide bien évidemment tout à fait le titre : "The network always wins". Vu que les réseaux et les effets de ceux-ci seront déterminants pour l'e-commerce au cours des prochaines années, c'est en ce qui me concerne absolument un livre à lire (que vous pouvez aussi commander via bol.com !).

 


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Auteur: 

Carole Boelen
Bord-Bia - FR - SIDE