Comeos, Fevia, Fost Plus

Vendredi, 22 Décembre 2017 - 8:53am

« Machines à consigne : ‘win for life’ pour Tomra, ‘cost for life’ pour les distributeurs »

Une organisation qui compare ‘gratuitement’ les machines à consigne pour bouteilles en plastique et canettes aux bingos installés dans les établissements horeca ne connaît visiblement rien au secteur belge de la distribution. Affirmer qu’un supermarché peut rentabiliser l’achat d’une machine à consigne en quelques années n’est pas seulement une analyse naïve de Recycling Netwerk. L’argumentation développée dans le numéro d’octobre de Gondola est partiale et incorrecte. Et pour cause. Le lobbying ‘pro consigne’ de l’entreprise néerlandaise Recycling Netwerk est sponsorisé – et donc influencé – par Tomra, le principal fabricant d’automates de consigne du Benelux. Dans cet article, Comeos, FEVIA et Fost Plus fournissent des informations que Tomra et Recycling Netwerk ont ‘omis’ de mentionner.

 

 

Système de consigne : poule aux œufs d’or pour Tomra

L’investissement de 23 000 euros pour la machine et le compacteur ne représente qu’une fraction du coût de fonctionnement réel du système de consigne pour tout supermarché belge. Pensez tout d’abord aux frais liés au personnel supplémentaire nécessaire pour le vidage et l’entretien quotidiens de la machine, à la résolution des problèmes techniques et au casse-tête administratif et financier. Les supermarchés devraient en outre sacrifier un espace de vente rare et par conséquent coûteux pour accueillir l’automate. Les chaînes de supermarchés doivent également prévoir, à l’échelle nationale, des dépôts de collecte, le transport des déchets vers ces dépôts et des ressources responsables de la gestion des opérations administratives et financières. Globalement, un investissement de 180 à 230 millions d’euros par an ! Le système de consigne entraînera aussi des frais supplémentaires pour les producteurs de boissons : étiquetage spécial, systèmes logistiques dédiés, processus administratifs supplémentaires, etc. Cerise sur le gâteau : chaque fois qu’un producteur de boissons modifie un emballage, le producteur ET le distributeur doivent verser des dizaines de milliers d’euros à Tomra pour la mise à niveau du logiciel de chaque automate. On vous le disait : une véritable poule aux œufs d’or pour Tomra.

 

 

Un système de consigne qui se rentabilise de lui-même ? Absurde et naïf !

Autre affirmation de Recycling Netwerk : seule une fraction du coût d’investissement total incombe au retailer. Évoquer dans ce contexte le modèle d’amortissement norvégien est absurde. La situation de la Norvège ne peut en aucun cas être comparée à celle de la Belgique, où le sac bleu PMC est garant d’un système de tri simple, efficace et convivial. Notre pays peut d’ailleurs se targuer d’être le champion européen du recyclage. Un système de consigne parallèle ne porterait pas seulement préjudice à notre système de collecte PMC, il est aussi injustifiable d’un point de vue coûts-avantages. En effet, la consigne ne ferait – dans le meilleur des cas – que diminuer le problème des déchets sauvages de 10 à 20 %. En échange, les retailers, l’économie belge, sans oublier 11,3 millions de consommateurs, seraient pénalisés par un système de tri coûteux et rigide.

 

 

SPAR Wespelaar témoigne

Cette analyse est corroborée par SPAR Wespelaar qui a testé l’automate. Il y a trois ans, le chef d’entreprise Arthur De Greef a décidé d’investir dans une machine à consigne. Il espérait ainsi apporter une plus-value à son supermarché rénové. Pour lui, les avantages ne font pas le poids face aux inconvénients. Arthur De Greef : « La machine de reprise de vidanges m’a coûté 20 000 euros à l’achat. Si l’on tient compte de la période d’amortissement comptable, on arrive en réalité à un coût annuel de 10 000 euros, où les charges salariales et non le coût de la machine pèsent le plus. Ce sont en effet mes collaborateurs qui se chargent de l’entretien, du vidage quotidien de l’appareil et de la collecte séparée des matériaux PMC. Il faut en outre compter 5 à 10 interventions par jour, qui nous obligent à cesser nos occupations pour dépanner la machine. Lors des pics d’activité, ces interruptions sont vraiment très ennuyeuses. J’ai tenté l’expérience mais, au vu des coûts et des résultats peu concluants, j’ai décidé de ne pas remplacer la machine au terme de la période d’amortissement. »

 

 

Vers une solution durable

La consigne ne résoudra pas la problématique des déchets sauvages. La solution passera plutôt par un profond changement de mentalité et de comportement, induit par des campagnes de sensibilisation, des mesures structurelles et les procédures de mise en application. Cette démarche demandera du temps et de la patience, mais débouchera sur une solution durable. De plus, elle n’est pas seulement limitée aux vidanges de boissons, mais s’étend aussi aux mégots de cigarettes, emballages de bonbons et autres types de déchets sauvages. 

 

Les premiers résultats de la campagne Mooimakers confirment en outre la mobilisation du public flamand. 2 668 citoyens flamands ont ainsi revendiqué un morceau de Flandre dans le but de le garder propre. Plus de 450 citoyens ont enregistré une action de nettoyage, les agriculteurs flamands ont commandé plus de 10 000 panneaux afin de sensibiliser les passants, et les villes et les communes ont massivement fait appel aux services de coaching afin de s’attaquer à la problématique des déchets sauvages avec encore plus d’efficacité. D’après les résultats de la dernière ‘handhavingsweek’, il apparaît que, grâce aux contrôles supplémentaires, les citoyens considèrent le risque d’être pris sur le fait plus élevé, avec un changement de comportement à la clé (cf. l’étude de cas relative à la Flandre occidentale). À force de répétition, le message finira par passer !

 

 
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