Présidente du Boerenbond

Sonja De Becker

Vendredi, 3 Mars 2017 - 9:43am

L’innovation (in)visible, moteur de la durabilité

Pour le Boerenbond, l’année 2016 s’est achevée en fanfare par la proclamation des lauréats de sa campagne bisannuelle de l’innovation. Après dix éditions, on reste stupéfait par la pléthore d’idées et de concepts innovants que proposent les entreprises agricoles et horticoles de notre pays. J’ai déjà vu passer beaucoup de nouveautés tout au long des éditions précédentes et si certaines n’ont trouvé à s’appliquer que dans un nombre limité d’entreprises, beaucoup se sont révélées directement utiles à l’ensemble du secteur.

 

Chaque campagne est l’occasion de découvrir un éventail très diversifié  d’innovations. A commencer par les nouveaux produits (songez aux tomates cerise, lancées il y a quelques années comme de véritables friandises), bien visibles dans les magasins. Les innovations qui contribuent à l’amélioration des conditions de travail, du bien-être animal ou de l’environnement ne sont pas les moins importantes.

 

Il reste difficile de faire connaître ces changements aux consommateurs. Exemple :   la production actuelle nécessite beaucoup moins d’eau tandis que les cultures sont mieux protégées. La productivité par mètre carré est en hausse et, dans les étables, les animaux disposent de bien plus de place qu’il y a dix ans. Chaque génération explore de nouvelles limites.

 

Les efforts que fournissent nos agriculteurs et horticulteurs pour durabiliser leur production sont très diversifiés et ne peuvent se résumer à un seul chiffre ou à un seul logo. La durabilisation prend toutes sortes de formes, se focalisant sur un ou plusieurs éléments dans les domaines de l’écologie, de l’économie et/ou des attentes de la société. Mais dans la plupart des cas, le produit fini est apparemment identique.

 

Le consommateur ne peut pas constater par lui-même qu’un plant de tomate nécessite moins d’espace, que la rentabilité augmente et que les nouvelles  méthodes de culture ne signifient pas une surcharge de travail pour le producteur. Le lait d’aujourd’hui est tout aussi blanc que celui d’hier mais la sélection des animaux, l’amélioration de leurs conditions d’hébergement et de leur nourriture a permis de réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre par litre de lait depuis 2000.

 

Chaque produit a ainsi son ‘histoire’ et les producteurs doivent se faire ‘conteurs’ pour nous les rapporter. Le story telling est à la mode mais n’est pas une compétence très courante dans les milieux agricoles. Modestie et sobriété caractérisent bien mieux le secteur. Le Boerenbond offre différents canaux d’expression aux producteurs pour qu’ils racontent leur vécu. J’ai d’ailleurs beaucoup de plaisir à lire régulièrement leurs histoires singulières, de comprendre comment, au travers des photos et des vidéos qu’ils publient, ils travaillent au quotidien.

 

Car ainsi la nourriture reçoit un visage. Il est important que ce visage soit réaliste. Notre agriculture appartient à un système économique moderne, qui corrige en permanence le secteur à différents niveaux et qui l’améliore de différentes façons pour qu’il devienne toujours plus durable. Il est également important de faire savoir dans le story telling qu’il n’existe pas qu’un seul modèle d’agriculture, qu’il ne faut pas se concentrer sur un seul thème. Le secteur est confronté à de nombreux défis et tous les dirigeants d’exploitation décident pour eux-mêmes comment les relever. En l’occurrence, les attentes des consommateurs – elles aussi très diverses – leur donnent des indications sur la voie à suivre.

La diversité dans le secteur est grande et, par voie de conséquence, les histoires le sont aussi. Communiquer sur la diversité est un défi mais un défi qui offre beaucoup d’opportunités. Pour que ces histoires, toutes véridiques, arrivent jusqu’à vos clients, vous avez tous un rôle à jouer. Elles piquent la curiosité, améliorent les connaissances et renforcent la confiance dans notre agriculture. En savoir plus permet d’être plus conscient de la valeur de la nourriture, ce qui favorise une  consommation et une production durables. Et incite à l’innovation permanente. L’innovation est un moteur qui ne s’arrête jamais. Et c’est pourquoi je me réjouis déjà de découvrir ce que nous réserve notre campagne en faveur de l’innovation 2018 !   

 

 

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