Les premiers mois de Philip Malmberg à la tête d'Ecover

Rien n'arrête Gondola, même une météo estivale typiquement belge. Dans notre série des interviews de l'été, nous vous proposons cette fois de faire plus ample connaissance avec Philip Malmberg, successeur le printemps dernier de Michael Bremans au poste de CEO d'Ecover. Notre première question porte sur son vécu de ses premiers mois à ce poste et sur la ligne de conduite qu'il entend imprimer à l'entreprise.

Je suis extrêmement heureux d'assumer ces nouvelles responsabilités. Ecover est définitivement une belle entreprise, pas seulement parce qu'elle propose d'excellents produits mais également pour sa culture d'entreprise : une combinaison rare de durabilité, d'innovation, de qualité et de dynamisme. Si notre management est jeune, il est aussi et surtout plein de talent, d'enthousiasme et de motivation. Sans oublier son cachet international. Nous travaillons actuellement à une toute nouvelle stratégie à long terme, baptisée “Ecover 2015”. Avec le précieux soutien de nos actionnaires, nous avons l'ambition de faire d'Ecover un acteur incontournable du secteur. Vous comprendrez que, dans ces circonstances, je ne puis qu'être très heureux de ma nomination. Je travaillerai en étroite collaboration avec Monsieur Bremans, devenu aujourd'hui Chairman d'Ecover International SA. Nous nous connaissons bien et depuis longtemps puisque, par le passé, nous avons travaillé sept ans ensemble. Il est clair que mon action s'inscrira dans la continuité de son héritage.

Les nouveaux emballages verts des bouteilles Ecover ont reçu un très bon accueil dans la presse. Cela a-t-il influencé positivement les ventes ?Notre nouvel emballage plastique est fabriqué avec des matières premières 100% végétales et donc recyclables. C'est là un sérieux pas en avant pour la réduction de notre empreinte écologique. Aucune autre entreprise n'est arrivée à faire aussi bien. Certaines font énormément de publicité autour de bouteilles qui contiennent au maximum 20 à 30% de plastique d'origine végétale, mais force est de constater que nous sommes beaucoup plus performants en la matière. Cela démontre notre grande capacité à innover. En 2009, nous avions lancé les Eco-surfactants, un produit qui, je vous le rappelle, a été primé. Il s'agit de composants actifs intégrés aux produits de nettoyage. Fabriqués eux aussi avec des matières premières naturelles, ils font l'objet d'un processus biochimique rigoureux. J'insiste sur le terme car, à quel que stade que soit, il n'est absolument pas question de pétrochimie. Ces Eco-surfactants sont au moins si pas plus performants que les produits issus de la pétrochimie. A ce stade, il est difficile d'évaluer l'impact de nos nouveaux emballages. Nous nous bornons à constater qu'ils n'ont pas encore dopé nos ventes. Nous ne disposons malheureusement pas des budgets nécessaires au lancement d'une campagne publicitaire de grande envergure. Pour autant, cela ne signifie pas que nous ne soutiendrons pas activement cette innovation dans les prochains mois.

En été, beaucoup d'entreprises tournent au ralenti. Qu'en est-il d'Ecover ?Pour le moment, les choses sont plutôt calmes, en tout cas pour ce qui concerne la chaîne de production de Malle. Ce ralentissement n'est pas dû à la saison estivale mais aux importantes transformations en cours dans l'usine et plus spécialement à l'espace réservé au remplissage de nos produits liquides. Les travaux devraient être terminés d'ici la fin septembre.

Si vous deviez vous livrer à une très rapide analyse des derniers mois, quelles en seraient les conclusions ?Les douze derniers mois ont été difficiles pour Ecover. Nous essuyons toujours les plâtres de la crise économique, crise qui a freiné notre croissance et continue de le faire. Même si les grandes marques traditionnelles lancent régulièrement de grandes campagnes sur les prix, on ne pas affirmer que le secteur soit réellement secoué par une véritable guerre des prix. Nous devons néanmoins compter avec l'arrivée de nouveaux acteurs. Il faut encore noter la très forte hausse des prix de nos matières premières, une hausse qui rogne sérieusement nos marges bénéficiaires.

D'ici peu, les produits Ecover vont recevoir un nouvel emballage et un nouveau nom pour être relancés sur le marché. Qu'attendez-vous de cette opération ?Attention à ne pas confondre et à utiliser les mots exacts : il ne s'agit pas de relancement. Si le nom va effectivement changer, notre objectif est de donner à nos produits une meilleure visibilité dans le rayon. Par ailleurs, nous sommes occupés au lancement d'une nouvelle gamme baptisée Ecover Zero, spécialement conçue pour les personnes à la peau très sensible et qui supportent mal les produits conventionnels. Cette gamme, dont j'attends beaucoup, viendra compléter de jolie façon notre assortiment actuel. Les premiers produits devraient être commercialisés avant la fin de l'année.

En Belgique, Ecover fait partie des grands noms du non-food. Qu'est en-t-il de votre expansion hors de nos frontières ?Notre expansion internationale progresse bien puisqu'à ce jour nous sommes présents dans plus de 30 pays. Nous avons également sélectionné plusieurs marchés stratégiques dont nous avons fait une priorité et pour lesquels des plans marketing globaux ont d'ailleurs déjà été développés. J'espère pouvoir vous en dire davantage d'ici quelques mois.

D'un point de vue personnel, votre agenda vous a-t-il permis de profiter de quelques vacances ?Même si mon agenda des prochains mois est déjà surchargé, je prendrai deux petites semaines de vacances en famille. Pour être franc, je les attends avec impatience.

Notre dernière question concerne l'impasse politique belge. A-t-elle des conséquences pour les entreprises belges en général et pour Ecover en particulier ?Je ne me fais pas trop de souci pour l'instant. Je ne pense pas que, jusqu'à présent, ce blocage ait eu des conséquences dommageables pour les entreprises belges. Pour notre part, nous n'en sommes absolument pas pénalisés. C'est plutôt un objet de plaisanterie avec nos clients étrangers. Plus sérieusement, j'espère qu'une solution interviendra rapidement parce que cette situation n'est tout simplement pas tenable à long terme.

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Gondola Magazine
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