Les improbables scénarios du secteur DIY

Les improbables scénarios du secteur DIY 

 

Traditionnellement, les nouveaux feuilletons télévisés débarquent en septembre. Mais Canal DIY nous a tiré un peu plus tôt que de coutume de la torpeur estivale, ses scénaristes nous concoctant un ‘soap’ émaillé de nombreux rebondissements, locaux et internationaux. 

 

Savourant une ‘cerveza’ bien fraîche sur une terrasse de Barcelonette, j’ai failli avaler de travers en apprenant que Rudi Petit-Jean quittait le secteur DIY dans lequel il joue pourtant les premiers rôles depuis des années. Quel mauvais scénario ! Mais comment les scénaristes vont-ils le sortir rapidement du soap DIY & Garden ? En effet, il endossera dès la mi-octobre un rôle similaire dans un feuilleton sur Canal Food. Nous suggérons ici trois idées susceptibles d’enrichir le scénario du feuilleton DIY avant que l’homme ne s’en aille vers d’autres horizons. 

 

  • Rudi est un homme dont tout le monde se plaît à louer l’affabilité. Un beau matin de cet été, il prend son café tout en lisant son courrier. Et là, il tombe sur un folder publicitaire de HandyHome : 45% de ristourne sur une meuleuse ! Incroyable. Il en laisse tomber sa tasse, peine à respirer et finit par s’écrouler au sol, inanimé…  

  • La presse professionnelle et financière se fait l’écho de bouleversements dans le secteur DIY français. Jean-Claude Bourrelier vend sa chaîne Bricorama aux Trois Mousquetaires. Le montant de la vente (de l’ordre de 250 millions d’euros selon les spécialistes de LSA) devrait lui permettre de racheter Maxeda, principal concurrent de Intergamma. Et puisqu’il restera encore quelques sous et qu’il possède déjà plusieurs magasins Gamma (et donc une participation dans l’entreprise), on pourrait assister à une consolidation à grande échelle sur le marché belge. Imaginez : l’enseigne Bricorama opère son retour en Belgique, garnissant son escarcelle de tous les ex-Brico (et Brico Plan-It) et des magasins Gamma actuels ! Pour Rudi, et bien qu’il aime beaucoup la France et ses vins, c’en est trop ! Il attrape un outil qui traîne sur la table et se suicide ! 

  • Il faut savoir que la cuisine est l’une des grandes passions de Rudi. Il adore se mettre aux fourneaux, régalant régulièrement sa famille et ses amis. Occupé à touiller dans ses casseroles, il se remémore sa déjà longue carrière. Pendant près de 25 ans, il a brillamment présidé à la destinée de Gamma Belgique, réconciliant la direction néerlandaise avec la réalité du marché belge. Tout au long de cette période, il a réussi à préserver les intérêts de tous : de l’organisation elle-même, des franchisés, des fournisseurs et de la famille ‘Gammermans’. Mais en réfléchissant bien, il se demande si le DIY est réellement son ‘truc’. Ne serait-il pas temps de relever un autre défi ? Un verre de Santenay à la main, Rudi pousse la réflexion plus loin… Mais oui, bien sûr, pourquoi n’y a-t-il pas pensé plus tôt ? Il doit poursuivre sa carrière dans le food, loin de ces magasins DIY poussiéreux et souvent sans charme ! Avec, en bonus, le fait qu’il saura exercer son hobby à prix tout à fait intéressant. La suite est désormais une réalité.

 

Si vous pensez avoir tout vu dans le feuilleton DIY, détrompez-vous. 

J’ai à nouveau failli m’étrangler quelques jours avant la rentrée scolaire, mais cette fois avec une bière bien belge. Et la raison en est le même retailer dont la presse anglaise rapporte les projets.

L’Irlandais CRH aurait l’intention de vendre Intergamma. Ma surprise ne vient pas du fait que CRH souhaite céder ses activités DIY puisqu’il y a longtemps qu’il n’en fait plus clystère. Ma surprise vient de ce que l’information relayée est tout bonnement fausse. On peut penser que, la fuite ayant eu lieu un dimanche, les journalistes qui s’en sont emparé n’étaient pas encore bien réveillés. Peut-être était-ce le soleil, l’alcool ou une combinaison des deux, toujours est-il qu’ils n’avaient pas les yeux en face des trous. 

Pourquoi ? Parce que CRH ne peut pas vendre Intergamma, il ne peut que se dégager des magasins franchisés qu’il exploite et donc de sa participation (49%) dans l’entreprise. Et c’est là que resurgit à nouveau le nom de Bricorama, candidat potentiel à la reprise des magasins et des intérêts de CRH.

Ce scénario nous semble néanmoins peu probable. Mais avec tout ce qui a été dit et écrit jusqu’ici, on ne s’étonnera plus de rien. 

Auteur: 

c.vanwesemael