La formule Colruyt appliquée au food service

En septembre, les filiales de Colruyt, Collivery et Foodinvest ont fusionné pour donner Solucious, un nouvel acteur du food service qui s’installe directement en troisième position sur le marché. Avec Yves Van den Brande (Business Unit Manager), nous avons abordé les ambitions de Solucious, et la pratique de la culture Colruyt sans les « prix les plus bas ».

Pouvez-vous nous rappeler comment Solucious a vu le jour ?

Le 13 septembre 2013, Collivery et Foodinvest (les deux branches food service du Groupe Colruyt, n.d.l.r.) ont fusionné sous le nom Solucious. À l’origine, Collivery, qui a vu le jour en 1999, était un service de livraison pour les particuliers. Il est rapidement apparu que la demande des entreprises, des maisons de repos, etc. était plus importante. Le grossiste Foodinvest a quant à lui été racheté par le Groupe Colruyt en 2010. Les emballages retail de Collivery nous permettaient uniquement d’approvisionner de petites maisons de repos. Grâce à ce rachat, nous disposons à présent d’emballages de gros pour assurer également la livraison des clients plus importants. C’est aussi la raison de l’installation de nos bureaux à Bornem.

Il est assez surprenant de constater que le nom Solucious ne fait aucune référence à la société mère Colruyt.

Ce nouveau nom est un mot valise composé des termes « solution » et « delicious ». Nous souhaitons en effet offrir à nos clients à la fois des solutions et un service, toujours dans le respect du goût. C’est aussi la raison de notre devise « a taste for solutions ». Nous avons résolument abandonné la référence à Colruyt, car nous ne voulons pas être associés aux « prix les plus bas ». Nous ne sommes pas en mesure de le garantir, de sorte que nous ne pouvons l’invoquer.Sur ce marché, les prix sont souvent fixés à la tête du client et manquent totalement de transparence. Personne n’a donc réellement de vision sur le marché. Nous pratiquons par contre un prix de base que nous communiquons de façon transparente. Nous sommes les premiers en Belgique à publier nos prix de base sur notre site Internet. Nous souhaitons ainsi créer une prise de conscience chez les clients. Nous accroissons ainsi aussi l’efficacité de notre organisation interne.

L’historique retail de l’entreprise constitue-t-il un avantage concurrentiel ?

Pour les produits retail, la force d’achat du Groupe Colruyt nous garantit d’excellentes conditions d’achat. La simplification et l’efficience de notre organisation sont les principaux avantages que nous tirons de notre filiation. Ils nous permettent de proposer des prix concurrentiels.

Cette simplification est-elle aussi appliquée à votre assortiment ?

Nous proposons un assortiment de base de 15.000 références de produits services retail et food frais, secs, surgelés et non-food. Pour l’ultra-frais (viande, poisson), nous n’avons que des formats retail. Notre assortiment non-food est limité à environ 250 références, principalement des produits en papier, etc.Je pense qu’il est préférable que nous développions un nouvel assortiment plutôt que d’étendre l’assortiment existant. Nous continuons de viser un assortiment de base et pas un assortiment spécialisé. Nous ne souhaitons, par exemple, pas proposer 47 variétés de pois surgelés, nous préférons nous limiter à trois variétés de base. Nous concentrons nos volumes sur les références dont nous disposons, c’est à la fois notre business model et l’une des raisons de notre efficacité. La formule Colruyt appliquée au food service ? Oui, on peut dire ça.

Livrez-vous toujours les particuliers ?

En partie, mais les particuliers ne représentent que 6 % de notre chiffre d’affaires. Notre business model est vraiment axé sur le B2B. Il n’en va pas de même pour les quantités de vente : un plateau de coca plutôt que des cannettes et les livraisons ne se font plus en soirée. Nous servons avec plaisir les particuliers qui peuvent s’accommoder de ces conditions. Mais nous livrons principalement le B2B : les entreprises qui n’ont pas de cuisine, les écoles, les maisons de repos, les hôpitaux et des commerces horeca.

Vous démarrez en troisième position sur le marché, c’est un bon début, non ?

Si l’on considère le food service à proprement parler, oui, et nous comptons ici aussi les entreprises qui n’ont pas de cuisine. Si l’on étend l’activité aux stations service et à l’horeca, nous n’avons pas la même ampleur. Quoi qu’il en soit, c’est une bonne position pour un début.


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Auteur: 

Joram De Bock
Bord-Bia - FR - SIDE