La Concurrence accrue stimule la créativité

Nous voici en 2012, l'occasion pour nous de revenir sur une année mouvementée marquée par les crises économique et politique en compagnie des grands acteurs du secteur retail. Comment l'ont-ils vécue? Quels en ont été les moments forts? Qu'attendent-ils de 2012?

Tout au long de ce mois de janvier, vous retrouverez sur notre site une série d'interviews de fin d'année. Pour ouvrir le bal, c'est Dominique Michel, Administrateur Délégué de Comeos, qui nous livre son bilan de l'année écoulée.

1 - Si vous deviez vous livrer à une courte analyse de l'année 2011, quelles en seraient les conclusions ? Quels en ont été les moments forts?
2011 a été une année difficile pour le commerce. Dans le secteur de la mode, nous avons souffert d'une étrange météo: un printemps chaud, un été pluvieux et un automne doux. Les ventes de collections saisonnières ont dès lors été mises sous pression. Mais le plus important est l'affaiblissement de notre position concurrentielle internationale, qui se confirme: nous sommes le seul secteur incapable de répercuter l'inflation à sa clientèle. Les magasins ne peuvent franchir les frontières, les clients, eux, ne s'en privent pas. Et ceci nous coûte.

La concurrence accrue met toujours les marges sous pression, mais elle favorise aussi un nouvel élan créatif: on voit les commerçants explorer de nouvelles formules de vente, repenser des concepts de magasins, développer de nouveaux services et produits.

L'introduction des titres-repas électroniques a été un élément positif de cette année 2011. Le système de paiement fonctionne, et tout le monde est satisfait des premiers résultats: le client, le commerçant, l'employeur. Je suis surtout heureux que le coût de transaction lié à l'utilisation de l'e-chèque se situe à un niveau largement inférieur à celui qu'avaient initialement projeté les émetteurs.

Et finalement , un point très important pour le secteur : nous sommes parvenus à conclure des accords sectoriels dans tous nos comités paritaires, sans jamais y dépasser la norme salariale.

2 - Que pensez-vous de la crise politique que nous avons rencontrée? En avez-vous ressenti l'impact?
Il est clair que la crise politique n'a que trop longtemps traîné: le consommateur a fait preuve de prudence, s'est montré inquiet, et ceci reste d'actualité. Nous savions que des mesures devaient être prises pour protéger notre bien-être commun, mais il a fallu trop longtemps pour passer à l'action. Nous en avons réellement ressenti l'impact: directement, parce que les consommateurs sont devenus plus prudents, et indirectement parce que les dossiers restaient en attente, bloquant toute décision sur des perspectives à long terme...

3 - Nous avons également connu une crise économique. Quelles en ont été les conséquences?
La crise économique s'est superposée à la crise politique. Il est très difficile d'apprécier exactement pourquoi les gens sont devenus plus économes: par inquiétude envers la crise économique mondiale, envers l'impuissance politique en Belgique, ou à cause d'une combinaison des deux facteurs.

4 - Pourriez-vous nous exposer vos projets pour l'année 2012?
Ma principale préoccupation, et donc ma première priorité est de renforcer la position concurrentielle des commerçants belges. Nous devons, tant en magasin que sur le commerce online, devenir les premiers de la classe.

5 - D'un point de vue personnel, comment avez-vous passé ces fêtes de fin d'année?
En les fêtant à la maison et me préparant à une année qui s'annonce bien chargée !

Auteur: 

Gondola Magazine
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