Jean-Pierre Roelands. L'interview

Passage de flambeau chez Colruyt.
Jusque là directeur commercial du Groupe Colruyt, Jean-Pierre Roelands en est devenu au 1erjuillet le nouveau directeur concepts de magasins. L'objectif est de travailler davantage en coulisses pour passer le relais à la génération montante. Dans l'entretien qu'il nous a accordé il évoque ce qui fait l'ADN de Colruyt et les évolutions du retail.

Quelles sont les raisons de votre décision ?

Il arrive un moment où vous avez le sentiment que votre mission est achevée. J'ai mené à bien la mission qui m'avait été confiée et j'en tire énormément de satisfaction. Le temps est venu de passer la main : je pense que l'on peut parler d'un changement de génération. Car la nouvelle génération est prête et je suis heureux de pouvoir la coacher en coulisses. Je ne souhaite pas m'imposer à tout prix mais je répondrai présent si l'on sollicite mon aide car ceux qui vont me succéder ne doivent pas oublier qui nous sommes ni d'où nous venons.

Qu'allez-vous certainement conserver de ces trente ans de fidélité à Colruyt ?

Il y a tant de choses à retenir mais il en est une qui me restera plus que les autres : le lien étroit que j'ai noué avec la clientèle. Aujourd'hui encore des clients m'interrogent, me téléphonent, me remercient. Sur dix lettres que je reçois, huit sont des messages de félicitations. Croyez-bien que j'en suis fier. Si le client vient pour les prix, il revient aussi pour la chaleur de l'accueil. Le retail, et particulièrement le retail alimentaire, est un business local et le Belge est un consommateur fantastique !

"Nous surveillons de près la concurrence"

Le slogan "Les prix les plus bas" a fait de vous le plus grand retailer du pays. Qu'est-ce que cela a changé pour vous ?

Etre le plus grand retailer n'a jamais été notre ambition. Elle est ailleurs : grandir, sans doute, mais surtout bien faire ce que nous avons à faire. Il y a un tas d'avantages mais aussi de désavantages à être n° 1. Par exemple, il est devenu de plus en plus compliqué de conserver notre simplicité. Or la simplicité est notre marque de fabrique et nous devons absolument nous y tenir. Le retail a énormément évolué ces trente dernières années. Nous sommes passés de l'épicerie du coin au supermarché du coin, sans parler de l'arrivée des hypermarchés. Malgré ces évolutions, nous n'avons jamais eu l'intention de renoncer à notre engagement. Pour y arriver, il nous a fallu mettre en place une organisation assez complexe et dans laquelle nous cessons d'investir. Tous les jours, tous les prix des articles de tous nos concurrents sont contrôlés. Cela nécessite des millions d'opérations.

Ces dernières années, d'autres retailers se sont aventurés sur votre terrain, celui des prix les plus bas. Que vous inspire cette nouvelle donne ?

La tentation est évidemment de réagir contre les attaques de la concurrence mais, en ce qui nous concerne, nous agissons pour notre clientèle. Pour autant, nous aurions tort de sous-estimer la concurrence et donc, nous la surveillons de près. Non pas en copiant mais en réfléchissant à la manière de respecter notre engagement. Je suis convaincu que la différenciation est un élément important, et nous en tenons compte, mais tout ce qui touche aux prix et qui agite tellement le marché, ça, c'est notre rayon !

Retrouvez l'intégralité de notre entretien en pages 10 à 14 du Gondola Magazine de juin - juillet 2013. Vous souhaitez vous abonner? Cliquez ici!

Auteur: 

Joram De Bock