“Je vis une très belle expérience”

Si la franchise séduit autant d'entrepreneurs désireux de lancer leur propre affaire, c'est qu'elle leur permet de limiter les risques inhérents à pareille entreprise. Outre le fait de profiter de la notoriété d'une grande enseigne, le franchisé reçoit un précieux soutien logistique, publicitaire et commercial.

Montigny le Tilleul est une jolie commune de la grande banlieue de Charleroi, la capitale du Pays Noir. Mais ici, rien de noir, que du contraire. Rues proprettes et façades fleuries, on est très loin des clichés dont souffre parfois cette région. C'est à deux pas de l'artère principale que se niche le Carrefour Express. En face du bâtiment aux couleurs caractéristiques de l'enseigne, un grand parking. Bien pratique. Nous avons rendez-vous avec Ornella Tundo, gérante des lieux depuis un peu plus d'un an et demi. Elle est ce qu'on appelle une ‘bonne cliente’ : vive et pétillante, cette jeune-femme de 28 ans a le contact particulièrement aisé et un franc-parler rafraîchissant. “Je suis indépendante dans l'âme. A peine mes humanités terminées, j'ai repris le shop d'une station service. Sept ans et trois shops plus tard, j'ai décidé de jeter l'éponge. Pas assez de reconnaissance et, surtout, un revenu qui ne reflétait pas le travail fourni. A raison de 6 jours sur 7, de 7 à 19 heures, j'estimais avoir droit à davantage de considération.” Elle cherche donc autre chose. La station est abonnée à …Gondola et elle tombe, dans l'édition de juillet 2010, sur un dossier consacré à la franchise. “C'est un système qui me convient. On reçoit un soutien conséquent en matière de formation, de marketing ou de publicité, mais le principal avantage est de travailler sous une enseigne connue : les gens ont d'emblée confiance, bien plus que si vous ouvriez votre propre petite enseigne”. Les secteurs ouverts à la franchise se sont multipliés mais Ornella a choisi l'alimentaire. “Il me semble que, pour prendre un exemple, je me serais rapidement ennuyée dans un magasin de vêtements où le rythme est sensiblement plus lent. Moi, j'ai besoin que les choses bougent, qu'aucune journée ne soit pareille à une autre. Et je peux vous assurer que, dans l'alimentaire, c'est le cas !”

Une décision rapide

Les choses se sont enchaînées très rapidement pour Ornella. Plusieurs franchises se sont intéressées à sa candidature, mais c'est Carrefour qui s'est montré le plus convaincant. Après un premier contact téléphonique positif avec le responsable du recrutement des franchisés, elle a été conviée, dès la fin août, à un entretien plus approfondi. “Sans vouloir flatter qui que soit, ce fut parfait. J'ai eu réponse à toutes mes questions : la formation, le plan financier, mon apport personnel, les crédits bancaires, les garanties… A l'issue de ce rendez-vous j'avais confiance et, surtout, j'étais convaincue de la viabilité du projet, d'autant plus que je savais pouvoir compter sur l'aide de mon compagnon, essentielle pour la bonne fin du dossier !” Son dossier est envoyé à la centrale et notre future franchisée sait qu'elle est en concurrence avec deux autres couples. Quinze jours plus tard, la réponse tombe sous la forme d'une double proposition. “Carrefour souhaitait ouvrir deux Express dans la région de Charleroi, l'un à Nalinnes, l'autre à Montigny le Tilleul. J'ai visité les deux, mais Nalinnes était beaucoup trop grand moi. Je n'aurais jamais pu assumer une telle charge financière. J'ai donc jeté mon dévolu sur Montigny le Tilleul. 350 m² pour commencer dans le métier, ce n'est déjà pas si mal !”

Trois petits mois

Une fois l'accord entre les deux parties entériné, la machine s'est mise en route. Il a d'abord fallu établir un plan financier réaliste et préparer le dossier pour la banque : apport personnel, crédit, garanties, etc. La banque a donné son feu vert mi-novembre, au moment où débutaient les travaux du futur Carrefour Express. “C'était déjà un magasin d'alimentation auparavant, mais il a été considérablement agrandi.” De fait, si la façade peut sembler un peu étroite, le magasin est très profond. Notons que tout est à charge du franchisé : le bail bien sûr, mais également les travaux d'agrandissement et d'aménagement. Le plan financier prévoit un amortissement sur trois ans. Tandis que les travaux progressaient à grands pas, Ornella suivait une formation… expresse dans un ‘magasin école’ de la région bruxelloise. “En quinze jours, j'ai du assimiler des milliers de choses : la manipulation du PC, le système de commande, la rotation du stock, la gestion des caisses, l'étiquetage, bref, tout ce qu'il faut savoir pour gérer un Express. Je ne suis pas experte en informatique, mais le logiciel est extrêmement convivial et complet, ce qui facilite grandement le travail.” Outre sa formation, Ornella a également du s'occuper d'engager du personnel. Pour tenir pareil magasin il faut, dans un premier temps, être au minimum quatre : Ornella elle-même, son compagnon, un employé qui travaillait déjà avec elle auparavant et une personne à choisir parmi les …1.500 (vous avez bien lu !) candidatures reçues par mail suite à la demande qu'elle avait introduite auprès du Forem. Finalement, c'est une jeune-femme du quartier qui a décroché le poste.

Une ouverture quelque peu chahutée

Entre la fermeture de l'ancien magasin et l'ouverture du nouveau, il s'est passé un gros mois, pas assez pour que les clients prennent leurs habitudes ailleurs. Le grand jour était fixé au 16 décembre 2010. “Si c'était à refaire, j'ouvrirais plus tard. A cette période de l'année, les gens sont toujours un peu plus pressés, l'approche des fêtes sans doute. Quoi qu'il en soit, ni moi ni mon équipe n'avions eu le temps de nous roder et nous avons un peu cafouillé. Rien de grave, mais certains clients ont montré leur mécontentement. En plus, il a énormément neigé cet hiver là, ce qui a entrainé des difficultés d'approvisionnement. Paradoxalement, j'ai du aussi jeter pas mal de produits ultra frais invendus : les gens évitaient de sortir. Malgré ces petits tracas, je trouve ce genre de stress très positif, parce qu'on apprend plus vite.”

Un suivi précieux

Grâce à la publicité, essentiellement des flyers toute-boîtes, la fréquentation s'est très rapidement avérée plus que satisfaisante. Il faut qu'il dire qu'en matière de magasin de proximité, il n'y a aucune concurrence immédiate. Tous les mois, Ornella reçoit la visite du directeur régional. Pour un contrôle ? “Pas du tout, même s'il observe la bonne tenue du magasin et que nous examinons les chiffres ensemble. En fait, il apporte surtout un regard extérieur qui me permet d'avoir plus de rigueur dans mon travail. Il me suggère des produits qui fonctionnent ailleurs mais ne m'empêche pas de concrétiser mes propres idées, comme lorsque j'ai investi dans une rôtissoire. Une idée rentable, puisque que je vends une bonne dizaine de poulets par jour.”

Une grande chance

Ne se départissant jamais de sa bonne humeur, notre franchisée conclut : “Je suis heureuse parce que je vis une belle expérience. Sincèrement, je ne pouvais pas espérer mieux. J'ai la chance d'avoir un travail passionnant et jamais je ne viens ici avec les pieds de plomb. Aujourd'hui, je ne me pose pas encore trop de question sur la suite mais qui sait si, plus tard, je ne relèverai pas un défi d'une autre dimension.”

Auteur: 

Gondola Magazine