Jan Willaert, Président de l'association belge des fabricants de carton ondulé

De l'énergie pour sortir de la crise!

Que retenir de l'année écoulée? Quels ont été les évènements qui ont pour vous marqué 2012?

Je retiendrais la détérioration du climat économique et son impact sur, entre autres, le climat politique, l'emploi et la confiance des entrepreneurs et des consommateurs. Les hausses d'impôt et les coupes sombres dans les dépenses publiques étranglent aujourd'hui les citoyens de nombreux pays.

Au-delà de ces aspects 'financiers', l'incertitude quant à l'avenir crée des foyers de tension. Les politiciens, les entrepreneurs et les organisations professionnelles n'ont cessé, tout au long de l'année, de débattre dans les médias sur le 'responsable' de la crise, cherchant ainsi à désigner celui qui devrait en supporter le poids. Tout ce qui touche aux 'transferts' (entre générations, entre la Flandre et la Wallonie, entre le Nord et le Sud de l'Europe,…) a immédiatement et abondamment été commenté sur le net, avec une bonne dose de cynisme.

Pour 2013, je ne peux qu'espérer que les différents acteurs prendront conscience que nous ne pouvons faire reposer sur les générations futures le poids de nos manquements. Les solutions pour sortir de la crise devront être aussi innovantes qu'énergiques. Les règles en matière de fiscalité, de charges sur le travail et de sécurité sociale devront être simplifiées, leur équité et leur proportionnalité devront être testées.

Mais je crains déjà que le système belge ne nous permette de faire cet exercice. Nous en restons à quelques ajustements à la marge. Trop larges et divergentes, les coalitions qui existent aujourd'hui à tous les niveaux de pouvoir entravent la mise en place d'une politique volontariste. Il faudrait pouvoir se pencher sur les problèmes que pose notre système politique. Le mauvais climat économique touche également notre secteur. Notre rôle est 'd'emballer' les activités économiques et nous constatons un recul de la demande d'emballage dans l'industrie lourde. Par contre, les volumes de l'industrie alimentaire, un de nos grands clients, restent stables.

Quelles initiatives comptez-vous prendre pour promouvoir le carton ondulé ?

Le carton ondulé dispose de nombreux atouts. Nous travaillons avec des matières premières naturelles, 100% recyclables. Nous pouvons imaginer un concept d'emballage pour chaque produit en particulier, lui assurant ainsi une protection maximale. Il est également avantageux sur le plan du transport : nous recherchons, avec le client, l'emballage le plus facile à empiler sur une palette de manière à ne laisser aucun espace inutilisé. Cela permet de réduire les coûts tout en renforçant l'image durable de nos produits.

Par ailleurs, le carton ondulé est un excellent support de communication, permettant à nos clients de s'adresser à leur cible en y imprimant des messages publicitaires et des informations utiles. Sur ce point précis, l'industrie du carton ondulé dispose de tous les atouts pour convaincre consommateurs et producteurs.

La progression de l'e-commerce est également une bonne chose pour notre secteur. J'ai appris récemment, lors d'une séance d'information organisée par The Retail Society et Gondola, qu'en Belgique, 5,3% des achats non-food se faisaient sur internet. Chez nos voisins, ce pourcentage est double voire parfois triple. Cela signifie qu'il existe une belle marge de progression pour notre secteur puisque pratiquement tous les achats sur internet supposent une expédition dans une boite en carton. Happiness in a box. Delivered at your doorstep…

Quelles initiatives comptez-vous prendre pour résister aux difficultés économiques qui s'annoncent ?

Nous continuerons à nous montrer les plus innovants possibles. Nous ne cessons de chercher des emballages qui combinent toujours mieux satisfaction du client et durabilité. Il peut s'agir, par exemple, de grammages moins importants, d'ondulations différentes, de nouveaux concepts, etc.

Pour ce faire, il nous faudra continuer à investir dans des machines et des procédures plus rapides et plus performantes. En Belgique, l'importance de la charge salariale pousse les entreprises à automatiser toujours plus leur production pour rester compétitives. C'est même une condition sine qua non.

Pour notre part, un produit et un service de qualité à un prix étudié restent incontestablement les ingrédients de base à une bonne recette anti-crise.

Quelles bonnes résolutions avez-vous pris le 31 décembre à minuit ?

Ne pas aller me coucher trop tôt !

Auteur: 

Gondola Magazine
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