Interview de l'été: Patrick Van Vlierberghe à propos d'un été pourri, de l'interdiction de fumer et des accises

L'été - quel été ! - touche à sa fin : voici donc notre dernière interview de l'été. Pour l'occasion, notre invité n'est autre que Patrick Van Vlierberghe, Country Manager de Conway Belgique. Nous souhaitions lui demander comment se déroule l'été d'une entreprise qui possède 9.500 clients, 2 entrepôts et 61 véhicules de transport, emploie 352 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 1,115 millions d'euros.

Pour beaucoup d'entreprises, l'été est une période plus calme. Qu'en est-il pourConway?Nous travaillons à plein régime, même si je dois bien avouer que l'été ‘pourri’ que nous connaissons cette année a, comparativement aux 15 premiers jours de juillet de l'an dernier, particulièrement chauds, entrainé une chute relative de nos ventes de boissons. Nous ne serions donc pas déçus de revoir un peu le soleil …

Si vous deviez vous livrer à une très courte analyse des derniers mois, quelles en seraient les conclusions ?L'année dernière fut une bonne année pour nous. Avant tout parce que nous avons réussi à faire progresser notre chiffre d'affaires de près de 10%, mais aussi, et c'est plus important, les chiffres de toutes nos catégories de produit ont augmenté. Notre marge – qui n'a pas augmenté de 10% loin s'en faut – et une gestion efficace des coûts nous ont permis d'engranger d'excellents résultats.

La progression du concept ‘convenience’ est une bonne nouvelle pour Conway. Vous y lancerez-vous à corps perdu l'an prochain ?S'il est vrai que le convenience se porte bien, beaucoup de facteurs peuvent influer sur son développement. A commencer par les énormes augmentations de prix dues à l'explosion des cours du sucre. Cette situation risque d'aggraver encore l'écart de prix entre le canal convenience et le retail. Ensuite, l'interdiction générale de fumer dans l'horeca aura des conséquences directes et indirectes. Pour certains fumeurs, cette interdiction sonnera comme le signal qu'il est temps pour eux d'arrêter. Mais il faut également tenir compte d'autres facteurs. Dès lors, il me semble peu probable que nous misions toutes nos billes sur le convenience.

En matière de logistique, Conway utilise des systèmes novateurs, comme le Pick-a-Pack. Devons-nous nous attendre à d'autres nouveautés ? Et d'un point de vue logistique, quel grand défi devra relever Conway ?Aucune nouveauté spectaculaire n'est à l'ordre du jour. Nous travaillons actuellement à l'optimisation de notre système Pick-a-Pack. L'objectif est d'arriver à offrir des combinaisons de qualité dans les trois flux de température. Nous testons notamment des housses thermiques pour améliorer notre flexibilité et la qualité de nos produits. Enfin, last but not least, nous cherchons à développer plus avant notre système Pick-a-Pack.

L'interdiction de fumer dans les cafés vise à combattre le tabagisme. Vos ventes ont-elles baissé ?Comme vous le savez, nous pratiquons aussi le vending. En l'occurrence, nous avons effectivement déjà constaté une baisse de nos ventes. Pour ce qui concerne les autres canaux de distribution, il est à mon sens encore trop tôt pour tirer des conclusions significatives.

Notre dernière question concerne l'impasse politique belge. A-t-elle des conséquences pour les entreprises belges en général et pour Conway en particulier ?Je pense que toute impasse de ce type, qui traîne en longueur, a une influence. Pas seulement sur les entreprises mais sur la société dans son ensemble. L'indécision ou le manque de décisions n'est jamais bon. Pour ce qui nous concerne, nous supposons, qu'une fois en place, un nouveau gouvernement s'attachera à faire les économies indispensables et que le tabac, une fois de plus, sera une source bienvenue de revenus supplémentaires via une classique augmentation des accises. Ce qui ne sera évidemment pas un bon signe, ni pour le prix ni pour les marges des commerçants concernés.

Auteur: 

Gondola Magazine
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