Fruits & légumes: un regard d’expert

Dans la perspective du grand Salon « Fruitlogistica » qui se tient du 8 au 10 février à Berlin, nous avons souhaité connaître les tendances de consommation fruits et légumes. Et recueilli le témoignage – sans langue de bois - de Saïd Mzoudi, responsable des achats chez Intermarché Belgique. Un échantillon de l’interview complète, à paraître dans Gondola Magazine..

Gondola : En 35 ans de métier, quels changements avez-vous constatés en fruits et légumes?
Saïd Mzoudi : Le changement est profond, et à tous les niveaux. J’insiste sur le « tous ». Autant pour la consommation, la matière première, les prix, les achats… Lorsque j’ai débuté à la fin des années septante chez Delhaize, nous étions encore dans une certaine euphorie. On vivait une prolifération d’ouvertures de magasins. De grands magasins, car aujourd’hui la croissance du monde de la GD se résume quasi à l’ouverture de magasins de proximité. A l’époque aussi, chez Delhaize, la qualité était la priorité. De nos achats, de nos services. Aujourd’hui, que doit-on constater ? La diminution de la qualité des fruits et légumes, l’obsession des prix. Et du côté des clients, des familles qui se réduisent (2-3 enfants maximum), qui souhaitent prioritairement se procurer des fruits et des légumes déjà emballés et qui font attention à la dimension du conditionnement (filets, raviers, sachets). L’offre s’est donc adaptée aux demandes, aux besoins de cette clientèle. Voyez le succès de la quatrième gamme qui progresse chez nous de 10-12% tous les ans.

La guerre des prix entre les différentes enseignes dope-t-elle le volume?
Les prix à la baisse – je pense notamment aux tomates l’été dernier – ne provoquent pas des hausses de ventes de la consommation. Pourquoi serait-ce le cas d’ailleurs ? Les consommateurs aujourd’hui mangent moins mais guère mieux. Et nous achetons des quantités… Dont une grande partie n’est pas vendue. Je parle de la GD en général. Nous jetons tous les mois pour des millions d’euros en fruits et légumes. Quand je dis « jeter », ce n’est pas totalement vrai. Car nous donnons aussi à des ONG, aux restos du cœur…

Vous achetez aussi les produits de plus en plus loin et de moins en moins mûrs…
Lorsque j’ai débuté dans ce métier, nous n’achetions qu’une sorte, qu’une variété de tomates. A présent, elles sont nombreuses mais cueillies plus vraiment mûres naturellement. Et la production est devenue très, très, intensive. Lorsque j’évoquais le prix des tomates l’été dernier, je trouve cela indécent. Et malgré ces prix, on n’en a pas vendu davantage. Acheter de plus en plus loin ? Cela n’est pas nouveau. Je me souviens, voici trente ans chez Delhaize, j’allais acheter des oignons en Tasmanie !

Retrouvez l'interview complète dans Gondola Magazine.

Auteur: 

Gondola Magazine
Bord-Bia - FR - SIDE