Franchise: le moteur du marché ?

Le secteur de la franchise ne cesse de progresser à grands pas dans le secteur alimentaire. La preuve? Il concerne aujourd'hui tous les groupes présents sur notre marché, à l'exception des hard discounters Aldi et Lidl. La culture d'entreprise très centralisée des discounters allemands s'accorde sans doute peu avec la mise en place d'un dialogue avec des partenaires internes au sein du réseau. Mais plus encore, c'est le concept même du discount qui, en visant à serrer les boulons des prix, oblige à maîtriser tous les paramètres dans une structure intégrée. Le raisonnement de Colruyt n'est pas différent: pour concrétiser au quotidien la promesse de meilleur prix qu'a faite au consommateur son enseigne phare, le distributeur de Hal veut y conserver tous les leviers de décision. Et manifestement, ce choix lui réussit. Mais au même moment, il est conscient de la dynamique offerte par les commerçants indépendants, et y déploie avec le même succès la branche Spar Retail. C'est un fait: la franchise constitue aujourd'hui un pilier essentiel du développement du retail belge. Ce ne sont pas les raisons qui manquent pour favoriser son essor: capitalistiques, sociales, mais surtout et avant tout commerciales. Rien, même pas le plus beau concept du monde, ne saura jamais remplacer l'énergie de l'entrepreneur, ni son intégration dans l'environnement où il exerce son activité. La franchise, ou plutôt les différentes formules proposées par les nombreux acteurs concernés, rassemble aujourd'hui le meilleur de deux univers: l'esprit de l'indépendant, sans la solitude. La dynamique locale associée au know-how et aux outils de gestion de la centrale...

Au fur et à mesure que ce modèle collaboratif se renforce sur notre marché, les groupes qui le proposent apprennent, parfois malgré eux, les exigences nouvelles qu'il suppose: développer une capacité de dialogue, mettre en place les outils qui rassurent sur l'équilibre de la relation. Ils sont d'autant plus enclins à le faire que là aussi, la concurrence se renforce: le bon candidat franchisé est aujourd'hui un profil très courtisé. Baigne-t-il dès lors dans l'euphorie? Non, ce serait excessif. Si le potentiel est là pour lui promettre des résultats à la hauteur de son travail, il reste encore certains freins. A commencer par l'attitude des banques, pas encore sorties de la frilosité de mise depuis la crise financière, lorsqu'il s'agit d'accorder les crédits. Pour démarrer son projet, le candidat franchisé doit être aussi convaincant qu'il est convaincu, et s'investir au propre comme au figuré. Parce que la franchise est d'abord une histoire d'hommes ou de femmes, Gondola est parti à la rencontre de quelques-uns de ceux-ci. Ce sont leurs témoignages qui mieux que bien des courbes statistiques nous livrent le portrait de ce que représente, au quotidien, le choix d'être franchisé.

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Gondola Magazine