Eurospar Beringen : un palais du frais

Spar Beringen

Ronny Schoofs, son épouse Sarah Nijs et ses collaborateurs gèrent de concert le tout nouvel Eurospar de Beringen. Curieux de savoir ce qui rend ce supermarché unique en son genre, nous avons rencontré Ronny qui s'est fait un plaisir de nous servir de guide, un guide on ne peut plus expert et… disert.  Si nous nous sommes déplacés dans le Limbourg c'est que la rumeur, chez Spar Retail comme dans la concurrence, évoquait un magasin ‘pas comme les autres’. A raison.

 

Ronny Schoofs a exploité 19 ans durant un Spar dans une rue toute proche de son magasin actuel. Pendant toutes ces années, pour se rendre au travail, il passait quotidiennement devant un terrain de 110 ares sur lequel se dressait une petite maison. Et quand le propriétaire s'est décidé à vendre, Ronny n'a pas hésité longtemps. Il a acheté le terrain pour, dans la foulée, y faire  construire un nouveau bâtiment. Les travaux ont duré neuf mois.

 

Heureux du résultat ? « Je portais ce projet en moi depuis plus de cinq ans et le résultat dépasse tout ce que j'avais imaginé. » Il est vrai que la conception est parfaitement bien pensée : derrière chaque rayon, on a prévu un espace de travail, des frigos et un stock de sorte que le personnel ne doit plus parcourir de longues distances pour l'approvisionner.

 

 

Mais au-delà de l'aménagement intelligent de l'espace, il y a bien d'autres choses intéressantes à découvrir dans cet Eurospar hors normes. Tous les lundis par exemple, les carcasses de veaux et de bœufs sont désossées et soigneusement emballées avant de mûrir une dizaine de jours dans les frigos. L'arrivage de volaille est quotidien tandis que la viande de porc est livrée tous les trois jours.

 

Pour assumer ce travail, Ronny a rassemblé une équipe de 13 personnes. Impressionnant, mais ce n'est pas tout, car nous n'avons encore parlé que de la boucherie… Tous les plats préparés (pizzas y compris), la charcuterie, le fromage, les desserts, les légumes et les fruits prédécoupés,… tout est découpé, préparé, fumé, emballé et étiqueté sur place ! Une organisation remarquable qui a fait exploser le chiffre d'affaires de Ronny de 49%.

 

 

 

Une situation exceptionnelle qui l'a obligé à engager : vingt personnes (full time) sont venues renforcer son équipe ! « Aujourd'hui, j'ai 56 employés à plein temps et 49 jobistes. Je consacre 80% de mes heures à la planification et aux problèmes de personnel. Je n'ai même plus le temps de travailler en boucherie. » Il faut savoir que Ronny est fils de boucher et que dès l'âge de 11 ans il aidait déjà son père. Après son service militaire, il s'est investi dans la boucherie familiale avant d'ouvrir un Spar et, finalement de faire sortir de terre le projet actuel.

 

 

Le regard qu'il porte sur le passé est teinté d'un peu de nostalgie – « la boucherie me manque » – mais ce passionné de boucherie a su provoquer les opportunités pour devenir aujourd'hui un manager aussi passionné que performant. Patricia, qui travaille avec lui depuis plus de vingt ans, peut en témoigner. Elle estime que Ronny est le meilleur patron que l'on puisse avoir et insiste pour que nous l'écrivions. « Mon personnel est certainement ma plus grande fierté » glisse Ronny. Et il est clair que l'homme met tout en œuvre pour que son personnel bénéficie des meilleures conditions de travail.

 

 

Ainsi, hommes et femmes ont des vestiaires séparés (avec douche), chacun dispose de son casier et de son porte-manteau personnel. Dans les toilettes, la protection de la lunette est changée après chaque utilisation. Hygiène avant tout. Mais ce qui fait vraiment la différence, c'est l'intelligence émotionnelle de Ronny. «La plupart des indépendants essaie de s'organiser de manière à ce qu'il manque toujours une personne, histoire de compresser les coûts salariaux. Je peux le comprendre mais, pour ma part, je préfère avoir toujours une ou deux personnes en trop. Cela soulage les membres de l'équipe tout en me laissant suffisamment de latitude pour continuer à grandir sereinement ou à sauter sur l'une ou l'autre opportunité inattendue. »

 

 

L'ensemble de l'éclairage du magasin est de type LED, une installation réalisée par l'entreprise hollandaise LEDNED. « A ma grande surprise, ils n'avaient jamais travaillé pour un magasin. Il en fallait bien un premier, mais j'ai pris mes précautions. » En effet, il est était convenu que, si l'installation n'était pas terminée deux semaines avant l'ouverture officielle du magasin, LEDNED pouvait ‘débarrasser le plancher’.

 

Le matériel déjà monté serait démonté pour être remplacé par un éclairage classique. Nous avons constaté de visu qu'il n'en a rien été. Jusqu'à cinq minutes de l'ouverture, les LED tournent à 30% de leur capacité, plus qu'il n'en faut pour travailler et ensuite, à 80% pour étiqueter les produits et les disposer en rayon. Quelques minutes avant la fermeture, on applique le même schéma à l'envers. On se doute que pareille installation à un coût… Effectivement : 160.000 euros contre 35.000 pour une installation classique mais «l'investissement est rentabilisé dans les 4 à 5 ans » précise immédiatement Ronny. « Le magasin fait 2800 m² bruts (1200 m² nets) et ma consommation ne dépasse pas celle d'un Spar de 500 m².»

 

 

Le système est alimenté par 480 panneaux solaires qui fournissent un quart de l'énergie nécessaire au fonctionnement de l'activité. Dans sa volonté du (pratiquement) tout écologique, Ronny ne s'est pas arrêté en si bon chemin puisque le bâtiment est également équipé de pompes à chaleur, de boilers solaires et d'un système de chauffage/refroidissement de type conveni pack de la marque Daikin. «Bien entendu, tous nos frigos sont équipés de portes. J'avais un peu peur qu'elles ne soient un obstacle à la vente de la viande, qui représente tout de même 20% du chiffre d'affaires, mais cette crainte s'est finalement avérée infondée. »

 

 

 

Ronny a eu l'audace de faire de son supermarché un spécialiste du frais : la boucherie, les fruits, les légumes et le rayon traiteur. Et son audace a payé. Bravo à lui et à toute son équipe.

 

 

Retrouvez la totalité de notre reportage en pages 30 à 34 du Gondola Magazine du mois de mars. Vous n'êtes pas encore abonné? Cliquez ici!

 

Auteur: 

Carole Boelen