Comment se prémunir contre le vol?

Nous vous livrions ici, la première partie de notre dossier consacré à la sécurité en magasin et grande surface. Voici aujourd'hui venu le temps de vous donner la seconde partie consacrée au moyen de se prémunir et d'agir contre le vol.

Il faut tout d'abord différencier la sécurité préventive de la sécurité sur le terrain et rétroactive. Une bonne communication entre le personnel et les clients aiderait en effet à se prémunir des vols. "Le facteur humain est très important. Le personnel doit s'adresser aux clients de manière active et proactive. Mais ceci doit être entretenu très régulièrement. Le détaillant devrait donc, pour bien faire, organiser plusieurs fois par an, et ce chaque année, des formations à destination de son personnel", ajoutera Dominique Reumers, Management Information Systems Benelux chez Checkpoint. Mais ce n'est pas tout, selon lui, il est important de rappeler que la technologie est la base d'une bonne sécurité. Celle-ci doit préférablement être visible, pensons ici à la télésurveillance et aux barrières à l'entrée et à la sortie du magasin, ce qui aura un effet dissuasif et donc préventif. "Il est également important de définir les catégories sensibles au vol. Dans un supermarché, l'attention doit donc, entre autres, être faite aux produits de santé et de beauté qui coûtent plus de 10€. Après examen, ces produits devront être sécurisés au maximum selon la technologie de sécurité la plus appropriée pour l'article. Habituellement, il est recommandé d'utiliser un mix de techniques de sécurité, mais le magasin ne peut ressembler à Fort Knox. Le confort des clients doit être préservé pour ne pas les rebuter, car c'est bien là la dernière chose que les détaillants recherchent!".

Alain D'Haese, Marketing & Communication Manager chez G4S, lance quant à lui une autre piste. Celle du "mystery shopper" qui vérifiera sous couvert d'anonymat que tous les articles sont bien pointés à la caisse ou encore laissera traîner dans le fond du panier un article afin de voir si le caissier y est attentif. Une solution qui s'avère également intéressante donc pour se prémunir du vol perpétré par le personnel. Car si un client vole en moyenne 93,85 €, le personnel lui volera 1381,40€. Bien évidemment le nombre de vol par les employés reste bien moins élevé que le vol à l'étalage. Cet impressionnant montant s'expliquerait, selon M. Reumers par la période et le nombre de vols. Ainsi, une personne qui volerait de petites choses, mais ce, durant plusieurs années pourrait aisément atteindre le montant moyen des vols perpétrés par le personnel. "Il s'agit ici d'un cumul de plusieurs vols mais, bien sûr, d'autres pistes sont également étudiées comme le sweethearting ou les fraudes en caisse".

Pour Alain D'Haese, la présence préventive d'agents statiques et mobiles (en uniforme et/ou en civil) et les rondes que ceux-ci effectuent sont également importantes. "Sans oublier l'établissement d'audits, d'évaluations et de propositions de solutions et de budgets concernant la sécurité globale des points de vente".

La télésurveillance est bien souvent la solution adoptée car elle peut être préventive mais également rétroactive. "Par le passé, la télésurveillance demandait beaucoup de travail. Aujourd'hui, avec les nouveaux systèmes numériques, il est très facile de vérifier rapidement ce qu'il se passe à un moment précis et qui est impliqué. L'un des systèmes les plus récents de télésurveillance est l'IPCCTV (Internet Protocol Closed Circuit TV). Les nouveaux systèmes peuvent être liés à d'autres systèmes, tels que les logiciels POS, ou la surveillance électronique des articles. Ainsi, lorsqu'une alarme sonne, la caméra se connecte automatiquement au lieu concerné", explique Dominique Reumers. "Les caméras, toujours plus perfectionnées et intelligentes nous permettent par exemple d'effectuer des rondes virtuelles ou encore de nous baser sur la chaleur corporelle pour identifier une présence non désirée dans une salle de vente à risque", ajoute Alain D'Haese. Aujourd'hui en effet, comme nous la confirmé Johan Gheldof, Marketing Communication Manager chez Bosch Security Systems, il est plus aisé de détecter une activité criminelle. "La qualité de l'image s'est fortement améliorée et les situations dans lesquelles un agresseur et un voleur sont pratiquement méconnaissables devant l'image, sont devenues, des cas de figure presque inenvisageables. Mais si la qualité de l'image est en constante amélioration, l'espace de stockage, lui, reste limité. Il n'a en effet pas augmenté de façon spectaculaire. Le système IVA ou "Intelligent Video Analysis" permet de retrouver rapidement une séquence bien précise, via par exemple la simple couleur d'une veste. Elle permet également de déterminer combien de visiteurs étaient présents à un moment précis ou de savoir à quel moment exact un article à disparu". La gamme Bosch Advantage Line se lance aujourd'hui dans les caméras IP sans fil. "Dans certains bâtiments, il est impossible de prévoir du câblage pour caméra. Nous recommandons alors au gérant les caméras sans fil dont la transmission d'images ne s'effectue plus via un réseau informatique mais bien par la liaison sans fil, comme le ferait un laptop".

L'UCM et l'Unizo plaident quant à eux pour un travail préventif et un suivi effectif des délits afin d'éviter le sentiment d'impunité. Ils demandent également l'instauration du système hollandais qui permet de dédommager le commerçant victime d'un vol à concurrence de 151 euros à payer par l'auteur. Les deux organisations souhaitent en outre une augmentation des rondes de police à l'approche des fêtes de fin d'année et durant les soldes puisque 20% des vols seraient commis durant ces périodes. Les organisations réclament enfin une augmentation des déductibilités fiscales pour les investissements en sécurité, passant ainsi de 20% à 50%.

Comeos s'appuie quant à lui sur les mesures qui ont été prises à Anvers par Herman Dams, Procureur du Roi qui applique depuis 2010, une politique stricte. Ce-dernier explique que la décision de politique du tac au tac a été prise afin d'éviter aux méfaits du genre de devenir un "risque socialement acceptable". Pour lui, le vol à l'étalage est bien trop souvent considéré comme un fait divers et est relativement bien toléré par la société. Il insiste sur le fait que cette politique stricte ne signifie pas qu'un individu volant un paquet de chewing gum recevra une amende et une citation à comparaître mais qu'un procès-verbal par contre devrait aider à savoir s'il s'agit ou non d'une récidive. Le parquet d'Anvers devrait en mai 2012 aller interroger la police et les organisations de commerçants afin de leur demander s'ils ont constaté une amélioration ou non. Comeos ne doute en tout cas pas des résultats et demande pour toute la Belgique l'instauration d'une politique du tac au tac. L'association demande également l'instauration d'un Partenariat Vols et une adaptation de la législation qui régule le transport de fonds.

Toute collaboration, enfin est la bienvenue. Les distributeurs tentent de plus en plus de convaincre les producteurs d'intégrer directement les antivols aux marchandises.

Des solutions simples et qui ne coûtent rien
Une solution à moindre coût, certes appliquée à un marché particulier mais efficace, nous est donnée par les commerçants de chaussures de la rue Neuve de Bruxelles et nous indique que parfois, il suffit d'un rien pour endiguer un phénomène. Ceux-ci se seraient en effet concertés afin de ne présenter en rayons que le pied gauche. Ainsi le voleur qui a pris l'habitude de reformer des paires similaires en les dérobant dans des magasins voisins, se retrouve bloqué. Une initiative que l'on ne peut que saluer... Autre solution applicable cette fois à toute sorte de magasin; le conseiller en techno-prévention. Il s'agit là d'un service gratuit offert dans chaque zone de police permettant de vérifier l'efficacité des techniques de sécurité.

Pour vous abonner au magazine, cliquez ici

Auteur: 

Gondola Magazine