Attention au retour de flamme!

Bic revoit son plan d'investissement à la baisse et ne devrait pas engager de personnel supplémentaire.
La direction générale du commerce de la Commission Européenne, réunie à Bruxelles ce 26 novembre, a donné un avis négatif sur l'ouverture d'une enquête pour décider du renouvellement de la taxe antidumping sur les briquets fabriqués en Chine, mesure en vigueur depuis 1991. Jusqu'à aujourd'hui, chaque briquet importé de Chine sur le continent européen était taxé à hauteur de 6,5 centimes. Cette décision est-elle synonyme de porte ouverte à l'importation de briquets bas de gamme, parfois non conformes aux normes de sécurité et d'une recrudescence de la concurrence? C'est du moins ce que pense l'entreprise Bic, leader du marché à niveau mondial et seul producteur de briquets en Europe. Le comble étant que le groupe se porte si bien que la Commission ne voit pas l'utilité de reconduire ces mesures. Les critiques ne cessent en tout cas de fuser dans les médias depuis cette annonce. Car si la concurrence juste et loyale est semble-t-il le leitmotiv de l'Europe, qu'en est-il des normes de sécurité, de qualité et de normes environnementales? Les normes de sécurité ne sont en effet pas aussi strictes en Chine. Le dispositif de "sécurité enfant" y est donc bien souvent ignoré. Les détracteurs sont nombreux à targuer cette décision de naïveté. Ce à quoi la Commission répond elle-même qu'elle est basée sur des faits et n'est donc en aucun cas naïve.

 

Les analystes ne s'inquiètent pas outre mesure.

 

Quoi qu'il en soit, et bien que la Chine contourne depuis plusieurs années déjà la taxe antidumping par de fausses déclarations d'origine de ses briquets (Vietnam, Malaisie, etc.), le 12 décembre prochain, la Commission devrait officialiser le non-renouvellement de celle-ci alors même qu'une autre procédure est en cours avec la perspective d'une extension de la taxe au Vietnam... Une situation peu logique pour certains. Mais y a-t-il là de quoi donner du baume au cœur à la production chinoise et refroidir les ardeurs des industriels européens? Pas forcément. Comme, nous le soulignions, la Chine a appris au fil du temps à contourner la taxe via des pays voisins. Cette décision ne devrait, selon les analystes, pas avoir l'écho que l'on veut bien lui prêter. Ils se veulent également rassurant sur l'impact d'une telle décision sur le chiffre d'affaires de BIC et ne s'attendent pas à de changements significatifs. Pourtant, ils restent prudents et sont dans l'expectative des résultats de l'année.

 

BIC pourrait revoir ses plans d'investissement

 

"Notre groupe n’a jamais craint la concurrence et considère même qu’elle est une force de progrès, encore faut-il qu’elle soit loyale. En demandant le renouvellement de cette taxe, longtemps demeurée inefficace, nous demandons simplement l’application de règles de commerce équitables. Notre dossier était et demeure solide. Nous ne comprenons pas la recommandation de la Direction Générale Commerce de la Commission Européenne, qui va, sans raison valable, à l’encontre des intérêts de l’industrie Européenne", souligne Bruno Bich, Président du Conseil d'Administration du Groupe BIC. Et de rappeler que pour vendre des briquets en Chine, les droits de douane sont de 25%... Celui-ci explique également à nos confrères de "Les Echos" avoir initialement eu l'intention d'augmenter la production de l'usine située à Redon de l'ordre de 150 millions de briquets par an afin de répondre à la hausse de la demande en Europe, mais déplore l'impossibilité d'un tel engagement avec l'abandon de la taxe antidumping. Cette hausse de production aurait en outre permis la création de 80 emplois supplémentaires. Les investissements, eux, seront réduits. Néanmoins, cette usine, la plus importante du groupe (elle produit plus de 50% des briquets BIC vendus de par le monde), devrait bénéficier d'une extension de 4000m2 pour le stockage des briquets.

Auteur: 

Carole Boelen

catégorie: 

Bord-Bia - FR - SIDE

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