"Aldi et Lidl ne sont pas imbattables"

Partout en Europe, les hard discounters se font une place au soleil à côté des retailers traditionnels. Au Royaume-Uni, de grandes chaînes comme Tesco peinent à trouver une réponse adéquate à ce succès grandissant. Toutefois, le travail de réflexion est lancé et sur la bonne voie, nous dit John Ryan de la revue britannique RetailWeek. Pour nous, l'expert a accepté de faire la lumière sur la situation actuelle du marché anglais.

 

Les médias rapporte ici de mauvaises nouvelles quant au marché britannique et à la croissance des (hard) discounters au détriment des retailers traditionnels. A juste titre?

 

L'essor des discounters n'est pas près de cesser. Pourquoi? "Because everybody likes a bargain". Qui donc a envie de payer plus que nécessaire? Pourtant, les discounters tels que Lidl et Aldi ne sont pas imparable. Au Royaume-Uni, pour la première fois en 10 ans, les hard discounters n'ont, en 2015, pas crû au niveau des magasins. Les retailers traditionnels apportent en outre toujours plus de réponses au succès d'Aldi et de Lidl. Waitrose par exemple, qui est un retailer plus haut de gamme, vend désormais des produits dans un emballage simplifié et à un prix inférieur. Le message est clair: tout chez Waitrose n'est pas forcément cher! Bien que ces produits ne représentent qu'une petite partie de l'assortiment du retailer, l'approche a déjà fait ses preuves. N'oublions pas non plus que les grandes chaînes de supermarché ont un pouvoir d'achat suffisant que pour faire face à la concurrence.

 

Tesco n'est pourtant pas au mieux de sa forme?

 

Le premier trimestre n'a pas été si mauvais grâce aux mesures prises par la direction. N'oubliez pas non plus qu'ils détiennent encore 30% de parts de marché au Royaume-Uni. Même s'ils perdaient 2% de parts de marché, ils disposeraient encore d'une taille et d'un pouvoir d'achat énormes.

 

Quels autres défis ont a surmonter les retailers britanniques?

 

Un problème pour Tesco et de nombreux autres retailers traditionnels au Royaume-Uni est qu'ils se sont fait une spécialité des hypermarchés grands formats placés en dehors des centres-villes. Or le nouveau champ de bataille réside dans les magasins de proximité. Les discounters l'ont bien compris  et implantent donc leurs points de vente dans les centres urbains, adaptant également leurs assortiments.

 

Quid de la digitalisation?

 

J'ai entendu, il y a de cela 10 ans : "The shop is going to die"… Ca n'est jamais arrivé. Aujourd'hui, par contre, les consommateurs passent constamment. d'un canal d'achat à un autre. Les retailers doivent dès lors décider ce qu'ils feront avec le digital. A ce jour, personne n'a de réponses concrètes et ne sait où cela le mènera. Doit-on augmenter l'efficacité en matière - par exemple - de logistique? Les gadgets tels que des écrans de télévision suffisent-ils à divertir le consommateur et améliorer son expérience d'achat? Est-ce vraiment nécessaire? Si vous analysez le succès d'une chaîne comme Primark, vous verrez qu'il n'y a là aucun site web interactif, ni possibilité de payer via iBeacons… Leur succès est uniquement basé sur les prix bas et les points de vente physiques.

 

Avez-vous un conseil à donner aux retailers belges?

 

'Make it easy' et donnez aux clients une raison de venir dans votre magasin.

 

 


John Ryan est l'un des conférenciers invités de la formation Instore Communication de The Retail Academy    

Auteur: 

Carole Boelen
Bord-Bia - FR - SIDE